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Leadership & Management

Koné Daouda Soukpafolo, le stratège des actifs en difficulté

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Parti du négoce, l’entrepreneur ivoirien a bâti en trois décennies un groupe intégré présent dans le coton, le BTP, la banque et désormais l’assurance, revendiquant près de 200 milliards FCFA de chiffre d’affaires.

Né dans une famille de quatorze enfants, Koné Daouda Soukpafolo perd son père en 1993 et devient très tôt chef de famille. Il développe alors les activités de transport et de négoce, bâtissant un réseau solide dans le nord ivoirien.

Mais son véritable marqueur entrepreneurial apparaît plus tard : la reprise d’entreprises en difficulté.

2006 : le pari industriel

Lorsque La Compagnie cotonnière de la Côte d’Ivoire (LCCI) est déclarée en faillite, l’outil industriel du Nord est menacé. Créancier de la société via ses activités logistiques, il transforme sa position d’exposant financier en opportunité stratégique.

À travers la Compagnie Ivoirienne de Coton (COIC), il relance les unités d’égrenage. Résultat : 45 000 tonnes de coton-fibre produites dès la campagne 2008-2009.

L’opération change d’échelle en 2017 avec la reprise de CIDT, consolidant son rôle de leader dans la filière.

La méthode est déjà claire : entrer au moment de fragilité maximale, restructurer, réintégrer dans un ensemble plus vaste.

Banque et textile : même logique

En 2024, il applique le même schéma au secteur financier en rachetant Versus Bank à l’État pour 8,5 milliards FCFA. L’établissement, en perte de vitesse, devient un maillon stratégique de son écosystème.

Autre illustration : la reprise de Uniwax, acteur historique du textile ivoirien confronté à des difficultés structurelles. Là encore, l’objectif n’est pas patrimonial mais industriel : préserver un savoir-faire, relancer la production, sécuriser des chaînes d’approvisionnement.

Une stratégie d’intégration

Autour du coton, du textile, du BTP, du transport et désormais de la banque et de l’assurance — avec l’appui au lancement de Schiba Assurances — le groupe se structure en holding revendiquant près de 200 milliards FCFA de chiffre d’affaires.

Sa fortune, estimée à 92 milliards FCFA, le place parmi les principales fortunes nationales. Mais sa singularité tient moins à l’accumulation qu’à la mécanique : Koné Daouda Soukpafolo n’est pas un créateur ex nihilo. Il est un repreneur industriel.

Reprendre pour reconstruire

Dans une économie ivoirienne encore marquée par des cycles de fragilité sectorielle, Koné Daouda Soukpafolo s’est positionné comme un acteur du redressement. Sa trajectoire ne repose pas sur la création d’entreprises ex nihilo, mais sur une capacité à intervenir à des moments charnières : lorsque les actifs sont sous-valorisés, les bilans dégradés et la confiance érodée. En reprenant, restructurant puis intégrant ces sociétés au sein d’un ensemble cohérent, il a progressivement bâti un groupe multisectoriel. Plus qu’un entrepreneur classique, il s’impose comme un consolidateur, opérant à la frontière entre opportunité financière et reconstruction industrielle.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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