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La plateforme régionale de paiement instantané PI-SPI franchit une nouvelle étape avec l’intégration des Trésors publics. Déjà opérationnel pour les paiements de masse en Côte d’Ivoire, le dispositif doit progressivement permettre aux administrations des pays de l’UEMOA de fluidifier leurs transactions avec les entreprises et les particuliers.
La transformation numérique des services financiers en Afrique de l’Ouest s’étend désormais aux finances publiques. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé la connexion des Trésors publics à la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), une infrastructure destinée à faciliter les transactions entre les différents acteurs du système financier régional.
Cette évolution ouvre une nouvelle phase dans le déploiement de PI-SPI. Au-delà des paiements entre particuliers et des transactions commerciales, la plateforme a vocation à devenir un canal de règlement pour les opérations financières des administrations publiques.
L’objectif est de permettre aux États d’envoyer et de recevoir des fonds indépendamment de l’établissement financier auprès duquel les bénéficiaires ou les contribuables détiennent leur compte.
La Côte d’Ivoire figure parmi les premiers bénéficiaires de cette évolution. Selon la BCEAO, son Trésor public a satisfait à l’ensemble des exigences et normes de la plateforme et réalise désormais régulièrement des paiements de masse via PI-SPI.
Cette intégration constitue une avancée concrète dans l’utilisation de l’interopérabilité pour les finances publiques.
Les applications potentielles couvrent plusieurs catégories d’opérations : versement des salaires, paiement des bourses et des subventions, mais également encaissement des impôts et taxes.
Pour les administrations, la centralisation du suivi des transactions en temps réel pourrait améliorer la visibilité sur les flux financiers et renforcer l’efficacité des processus de paiement.
L’intérêt économique de PI-SPI réside notamment dans sa capacité à faire communiquer des systèmes de paiement auparavant cloisonnés.
Dans un espace où coexistent établissements bancaires, institutions de microfinance et acteurs de la monnaie électronique, l’interopérabilité vise à réduire les contraintes liées à la multiplicité des réseaux financiers.
Appliquée aux paiements publics, cette architecture pourrait simplifier les relations financières entre les administrations et leurs usagers.
Pour une entreprise, elle ouvre notamment la perspective de règlements publics plus fluides. Pour les particuliers, elle pourrait faciliter la réception des prestations financières de l’État ou le paiement de certaines obligations administratives.
Ces gains dépendront toutefois de l’intégration effective des administrations, de l’accessibilité des services et de leur adoption par les usagers.
La BCEAO entend désormais étendre cette dynamique à l’ensemble de l’UEMOA. L’institution indique fournir une assistance continue aux autres Trésors publics afin d’accompagner leur intégration progressive à la plateforme.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures financières et de promotion de l’inclusion financière.
L’enjeu dépasse la seule rapidité d’exécution des transactions. En favorisant l’utilisation d’une infrastructure commune, PI-SPI pourrait contribuer à une meilleure circulation des paiements dans l’espace communautaire et à une réduction des coûts opérationnels associés aux circuits de règlement fragmentés.
Pour les États membres, le défi sera désormais de transformer cette capacité technologique en gains mesurables : réduction des délais de paiement, amélioration de la traçabilité des flux et simplification des démarches pour les contribuables comme pour les bénéficiaires des dépenses publiques.
La connexion du Trésor ivoirien fournit un premier exemple de cette transition, dont la portée régionale dépendra du rythme d’intégration des autres administrations.
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