Le gouvernement ivoirien et le spécialiste européen de l’intelligence artificielle Mistral ont conclu un partenariat visant à dresser un état des lieux de l’écosystème national de l’IA et à identifier les premiers cas d’usage susceptibles d’être déployés dans l’administration, la santé, l’éducation ou encore l’agriculture.
La Côte d’Ivoire veut accélérer la traduction de ses ambitions en matière d’intelligence artificielle en projets opérationnels. Le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique (MTNIT) et Mistral ont signé le 17 août 2026 à Abidjan un partenariat stratégique destiné à accompagner le pays dans la structuration de son écosystème national de l’IA.
Première étape : établir un diagnostic. La coopération prévoit une étude et un audit stratégique permettant de cartographier les acteurs présents en Côte d’Ivoire, les ressources disponibles ainsi que les infrastructures et les données susceptibles de soutenir le développement de solutions d’intelligence artificielle.
L’ objectif est également d’identifier les secteurs dans lesquels cette technologie pourrait produire rapidement des gains de productivité ou améliorer la qualité des services. L’administration publique, la santé, l’éducation, l’agriculture et les services aux populations figurent parmi les domaines prioritaires.
Des projets pilotes attendus
L’exercice ne doit pas se limiter à un état des lieux. L’étude devra déboucher sur une feuille de route opérationnelle et permettre d’identifier des projets pilotes susceptibles d’être effectivement déployés.
Pour conduire cette mission, Mistral travaillera notamment avec Artefact Côte d’Ivoire, filiale locale du groupe de conseil spécialisé dans la data et l’intelligence artificielle. Un choix qui doit faciliter la prise en compte des contraintes technologiques, économiques et institutionnelles propres au marché ivoirien.
Cette initiative intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à structurer davantage sa politique numérique. L’intelligence artificielle constitue l’un des piliers de la Feuille de Route Numérique 2026-2028, qui regroupe 40 projets structurants. Le PND 2026-2030 prévoit également de renforcer l’utilisation des technologies numériques dans l’action publique et dans l’économie.
De la stratégie aux cas d’usage
Pour Abidjan, l’enjeu sera désormais de transformer les orientations stratégiques en usages concrets. Disponibilité des données, infrastructures informatiques, compétences locales, financement des projets et gouvernance constitueront notamment des conditions déterminantes pour le passage à l’échelle.
Les premières conclusions de la mission devraient également alimenter les discussions de la conférence IMPACT IA, organisée du 9 au 11 septembre à Abidjan. Près de 200 décideurs publics, dirigeants d’entreprises et partenaires internationaux sont attendus pour examiner les applications de l’intelligence artificielle dans plusieurs secteurs prioritaires.
En s’associant à Mistral, la Côte d’Ivoire cherche ainsi moins à multiplier les déclarations d’intention qu’à définir les infrastructures, les compétences et les cas d’usage autour desquels pourrait se construire son futur marché de l’intelligence artificielle.