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il y'a 3 joursle
Par
Marc Yoboué
Le secteur privé pourrait jouer un rôle beaucoup plus important dans la diversification de l’économie congolaise. Un nouveau diagnostic de l’IFC identifie quatre filières capables d’attirer jusqu’à 1,4 milliard de dollars d’investissements, soit environ 807,5 milliards de FCFA, sous réserve de réformes ciblées.
Comment accélérer la diversification d’une économie encore largement dépendante du pétrole ? Pour l’IFC, une partie de la réponse réside dans quatre filières aujourd’hui freinées par des contraintes réglementaires, foncières et logistiques.
Dans son nouveau Diagnostic-pays du secteur privé consacré à la République du Congo, la branche du Groupe de la Banque mondiale estime que le bois transformé, la logistique portuaire, la transformation du maïs et l’aquaculture pourraient attirer jusqu’à 1,4 milliard de dollars d’investissements privés supplémentaires d’ici 2030, soit environ 807,5 milliards de FCFA.
Le développement de ces secteurs pourrait également contribuer à la création de 22 200 emplois, à condition que le pays engage plusieurs réformes au cours des trois à cinq prochaines années.
Le bois transformé représente de loin le principal gisement identifié.
Le Congo dispose d’importantes ressources forestières, mais l’IFC considère qu’une meilleure organisation de la filière permettrait de retenir davantage de valeur ajoutée dans le pays.
La clarification des règles, l’amélioration de l’accès aux matières premières et le développement de capacités locales de transformation pourraient attirer entre 560 millions et 1,1 milliard de dollars de capitaux privés, soit environ 323 à 634,5 milliards de FCFA.
Le nombre d’emplois supplémentaires est estimé entre 5 300 et 11 500.
Le rapport met ainsi en avant un modèle davantage tourné vers la transformation locale des ressources forestières, avec pour objectif de développer une base industrielle plus dense et de mieux capter la valeur créée par la filière.
Deuxième axe : la logistique.
Avec son port en eau profonde, Pointe-Noire constitue l’un des principaux actifs économiques du Congo. Mais l’amélioration des procédures douanières, des opérations portuaires et du corridor Pointe-Noire-Brazzaville pourrait accroître fortement son attractivité.
Les gains attendus vont au-delà du seul commerce extérieur congolais. Une meilleure fluidité logistique renforcerait la capacité du pays à servir de porte d’entrée vers d’autres marchés d’Afrique centrale.
L’IFC chiffre le potentiel d’investissement entre 70 et 200 millions de dollars, soit environ 40,4 à 115,4 milliards de FCFA, pour 2 000 à 6 000 emplois supplémentaires.
Le rapport voit également un potentiel dans l’agro-industrie, notamment dans la transformation du maïs.
La mise en place d’unités locales de mouture pourrait représenter entre 24 et 72 millions de dollars d’investissements privés, soit environ 13,8 à 41,5 milliards de FCFA, et créer entre 400 et 1 100 emplois directs.
Mais cette dynamique passe notamment par une amélioration de l’accès au foncier agricole et par la sécurisation des conditions d’installation des opérateurs.
Le sujet dépasse la seule création d’emplois. Le développement de capacités locales de transformation permettrait également d’approfondir les chaînes de valeur agricoles nationales et de renforcer l’offre locale.
Dernier secteur retenu : l’aquaculture.
Face à une demande croissante de poisson, la filière représente une opportunité de substitution partielle aux importations et de développement d’une production locale plus structurée.
Selon l’IFC, elle pourrait attirer entre 5 et 16 millions de dollars d’investissements, soit environ 2,9 à 9,2 milliards de FCFA, et générer 1 200 à 3 600 emplois.
La montée en puissance du secteur suppose néanmoins de clarifier la gouvernance, d’améliorer l’accès aux intrants et de renforcer les infrastructures de conservation et de chaîne du froid.
L’IFC concentre finalement ses recommandations autour de quatre leviers : améliorer le cadre applicable au secteur forestier, moderniser les procédures douanières du port de Pointe-Noire, faciliter l’accès au foncier agricole et structurer davantage la réglementation de l’aquaculture.
Ces mesures doivent permettre de diminuer les coûts et les incertitudes supportés par les entreprises privées, tout en améliorant la compétitivité des filières concernées.
« Le Congo dispose d’atouts considérables pour accélérer la diversification de son économie en s’appuyant davantage sur le secteur privé », souligne Olivier Buyoya, directeur de division pour l’Afrique centrale et le Nigeria à l’IFC.
Pour Brazzaville, le défi sera désormais de convertir ces avantages naturels et logistiques en capacités productives. Le diagnostic de l’IFC montre surtout que le potentiel existe. Sa concrétisation dépendra de la capacité du pays à créer un environnement suffisamment prévisible et compétitif pour déclencher les investissements privés.
Conversion : 1 USD = 576,8 FCFA (XAF), taux indicatif au 28 septembre 2026. Les montants en FCFA ont été arrondis.
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