L’inflation reste sous contrôle en Côte d’Ivoire en mars 2026, à +2% sur un an. Mais derrière cette apparente stabilité, la hausse des prix alimentaires continue de peser sur le pouvoir d’achat, compensée en partie par le recul des coûts énergétiques.
La dynamique des prix à la consommation demeure globalement maîtrisée en Côte d’Ivoire. En mars 2026, l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) affiche une progression annuelle de 2 %, un niveau toujours inférieur au seuil communautaire de 3 % fixé par l’UEMOA.
Cette évolution masque toutefois des disparités importantes selon les postes de consommation. Premier moteur de l’inflation, la division « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » enregistre une hausse marquée de 3,7 % sur un an. En cause, l’envolée des prix des légumes frais (+40,4 %), mais aussi des viandes (+8 %) et du poisson (+2,7 %). Une tendance partiellement atténuée par le recul des céréales non transformées (-2,8 %) et des farines (-2,4 %).
Autre poste en hausse : le logement et les charges associées. Les prix progressent de 2,8 %, tirés notamment par les loyers (+4,1 %) et le coût de l’eau (+10,2 %). Cette pression sur les dépenses contraintes reflète des tensions structurelles persistantes dans les services urbains.
À l’inverse, les transports jouent un rôle d’amortisseur. Le secteur enregistre une baisse de 2,3 %, sous l’effet du recul des prix des carburants, avec une diminution de 6,0 % pour l’essence et de 5,4 % pour le diesel. Cette tendance contribue également à la baisse globale des produits énergétiques (-3,5 %).
Sur le plan sous-jacent, l’inflation hors produits frais et énergie s’établit à +1,8 %, signalant des tensions modérées mais persistantes, notamment dans les services.
En rythme mensuel, les prix augmentent de 0,5 % en mars par rapport à février, principalement sous l’effet des produits alimentaires (+1,8 %), avec de fortes hausses sur certains produits frais comme les légumes-fruits (+27,2 %) et les agrumes (+15,2 %).
Au total, l’inflation moyenne annuelle ressort à 0,3 %, en légère hausse, mais reste largement contenue. Une performance qui confirme la relative résilience du cadre macroéconomique ivoirien, même si les pressions alimentaires continuent de fragiliser le pouvoir d’achat des ménages.