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Economie

Sénégal : un boom entrepreneurial fragilisé par une forte mortalité des entreprises

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Sénégal
Photo de Papa birame Faye: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/senegal-11381249/

Porté par une dynamique de création soutenue, le tissu entrepreneurial sénégalais affiche une vitalité certaine. Mais derrière cet élan, les données de l’enquête ENDES révèlent une réalité plus préoccupante : la moitié des entreprises disparaît avant cinq ans, soulignant les limites structurelles du modèle.

Selon l’Enquête nationale sur la démographie des entreprises (ENDES), 96,4% des entreprises sont issues de créations pures, confirmant une forte dynamique d’initiative individuelle .

Ce dynamisme repose toutefois sur un modèle très spécifique : celui d’un entrepreneuriat de nécessité, largement porté par des microstructures. Près de 99% des entreprises créées sont des très petites entreprises (TPE), souvent dotées de moyens financiers limités et concentrées dans des activités à faible valeur ajoutée comme le commerce.

Mais cette vitalité masque une fragilité structurelle. Les données de l’ENDES sont sans appel : 86,6% des entreprises survivent à leur première année, mais seulement 53,8% sont encore actives après cinq ans . Autrement dit, près d’une entreprise sur deux disparaît avant d’atteindre un stade de maturité.

Cette forte mortalité s’explique par plusieurs facteurs, au premier rang desquels figure le financement. Plus de 85% des entreprises démarrent sur fonds propres, tandis que l’accès au crédit bancaire reste marginal . Dans ces conditions, la capacité d’investissement et de résilience demeure limitée, notamment face aux chocs économiques.

Les difficultés ne s’arrêtent pas là. La perte de marché, les contraintes de gestion ou encore les effets de la pandémie de Covid-19 ont également pesé sur la pérennité des entreprises. Résultat : le taux de fermeture atteint 27,4% pour les entreprises créées en 2018 .

Au-delà des facteurs conjoncturels, c’est la structure même du tissu économique qui est en cause. Dominé par le commerce et les services, peu capitalistiques, le modèle entrepreneurial sénégalais peine à générer des entreprises capables de croître durablement.

Dans ce contexte, l’enjeu n’est plus tant de créer des entreprises que de les faire durer. Le défi pour les autorités comme pour les acteurs financiers consiste désormais à accompagner la montée en gamme du tissu productif, en facilitant l’accès au financement, en renforçant les capacités de gestion et en favorisant l’émergence d’entreprises plus structurées.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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