Avec plus de 94 % des voix, le ministre des Finances Romuald Wadagni accède à la présidence du Bénin. Une transition qui pourrait renforcer la continuité des réformes économiques engagées depuis près d’une décennie.
Le Bénin ouvre une nouvelle séquence politique sous le signe de la continuité économique. Romuald Wadagni, figure clé des réformes budgétaires du pays depuis 2016, a remporté l’élection présidentielle du 12 avril avec plus de 94 % des suffrages, selon des résultats provisoires couvrant plus de 90 % des votes.
Le taux de participation, établi à 58,78 %, témoigne d’une mobilisation correcte, tandis que son principal adversaire, Paul Hounkpe, a reconnu sa défaite sans attendre la proclamation définitive.
Cette élection marque l’aboutissement du parcours d’un profil atypique dans le paysage politique ouest-africain. Expert-comptable de formation, passé par le cabinet Deloitte où il a dirigé plusieurs activités en Afrique, Romuald Wadagni s’est imposé comme un technicien des finances publiques avant de devenir un acteur politique de premier plan.
À la tête du ministère de l’Économie et des Finances, il a conduit des réformes structurantes : amélioration de la mobilisation des recettes fiscales, rationalisation des dépenses publiques et renforcement de la crédibilité financière du pays auprès des bailleurs internationaux. Ces orientations ont contribué à positionner le Bénin comme l’une des économies les plus dynamiques de la sous-région.
Son accession à la présidence pourrait ainsi rassurer les investisseurs et partenaires techniques et financiers, dans un contexte régional marqué par l’incertitude. Le maintien d’une ligne économique orthodoxe, combinée à des ambitions en matière d’infrastructures et de transformation industrielle, devrait constituer l’ossature de son mandat.
Reste que cette victoire écrasante soulève des interrogations sur l’équilibre politique interne. Si elle traduit une forte adhésion, elle pose également la question de la capacité de l’opposition à jouer pleinement son rôle dans le débat démocratique.
Pour Romuald Wadagni, l’enjeu est désormais double : préserver la trajectoire économique du pays tout en consolidant les institutions, afin d’ancrer durablement la stabilité politique du Bénin.