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Pétrole : Petrobras va investir plus de 250 milliards de FCFA dans huit blocs offshore en Côte d’Ivoire

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La compagnie brésilienne devient opérateur de huit nouveaux blocs exploratoires au large de la Côte d’Ivoire. Au moins huit forages en eaux très profondes sont prévus dans une première phase, tandis que le taux d’occupation du bassin sédimentaire ivoirien atteint désormais 75 %.

La Côte d’Ivoire change d’échelle dans sa stratégie d’exploration pétrolière. Le pays a signé, jeudi 17 septembre à Abidjan, huit contrats de partage de production avec Petrobras, accompagnés d’un programme initial d’investissements de plus de 250 milliards de FCFA.

Le montant doit financer l’acquisition de données sismiques de dernière génération et la réalisation d’au moins huit forages en eaux très profondes, selon le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly.

L’opération couvre les blocs CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702, situés au large des côtes ivoiriennes. Petrobras détiendra, via Petrobras Netherlands B.V., une participation de 90 % dans les actifs et assurera leur exploitation en tant qu’opérateur. Petroci Holding conservera les 10 % restants.

Un nouveau cycle d’investissements exploratoires

Pour l’économie ivoirienne, l’intérêt de ces accords réside d’abord dans leur ampleur.

Huit blocs sont attribués simultanément à un même opérateur, tandis que la première campagne annoncée prévoit un forage minimum par bloc. Dans une industrie où l’identification de nouvelles réserves nécessite plusieurs années d’études géologiques, de campagnes sismiques et de forages, les contrats ouvrent donc un nouveau cycle d’investissements avant toute éventuelle phase de développement et de production.

L’arrivée de Petrobras apporte surtout une expertise reconnue dans l’offshore profond. La compagnie brésilienne cherche elle-même à renouveler ses réserves et considère la marge atlantique africaine comme une nouvelle frontière exploratoire présentant certaines similitudes géologiques avec les bassins brésiliens.

Cette convergence d’intérêts explique l’ampleur du partenariat conclu à Abidjan.

75 % du bassin ivoirien désormais sous activité

Les huit contrats font passer le taux d’occupation du bassin sédimentaire ivoirien à 75 %, soit environ 63 000 km² désormais couverts par des activités de production, d’évaluation ou d’exploration.

Cette progression rapproche les autorités de leur objectif de mise en valeur progressive de l’ensemble du bassin.

Sur le volet économique, le gouvernement indique que les contrats prévoient une clé de partage de la production de 62,5 % pour la partie ivoirienne et 37,5 % pour Petrobras. Celle-ci ne doit pas être confondue avec les participations de 90 % détenues par Petrobras et de 10 % par Petroci dans les blocs exploratoires.

Les autorités mettent également en avant les retombées attendues en matière de contenu local, de transfert de compétences et d’emplois qualifiés. Leur ampleur dépendra toutefois de l’évolution des programmes d’exploration et, surtout, des découvertes éventuellement réalisées.

Après les investissements, l’épreuve des forages

La signature intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à élargir sa base pétrolière et gazière en attirant de nouveaux capitaux dans l’exploration.

L’opération avec Petrobras constitue à cet égard un signal important par le nombre de blocs concernés et les moyens financiers annoncés. Elle ne constitue toutefois que la première étape du processus.

La prochaine séquence sera celle des données sismiques puis des forages. C’est leur résultat qui permettra de savoir si ces 250 milliards de FCFA d’investissements exploratoires déboucheront sur de nouvelles découvertes et, à terme, sur de nouveaux projets de production pour l’économie ivoirienne.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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