Les banques ivoiriennes ont mis en place 8 400 milliards de FCFA de nouveaux crédits en 2025, en hausse de 13,9 % sur un an. Une progression plus de deux fois supérieure à celle enregistrée dans l’ensemble de l’UEMOA et qui conforte le poids de la Côte d’Ivoire dans le financement bancaire régional.
Le marché ivoirien du crédit a nettement accéléré en 2025. Selon le dernier rapport de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) consacré aux conditions de banque, 8 400,3 milliards de FCFA de crédits ont été mis en place en Côte d’Ivoire, contre 7 377,4 milliards en 2024. La progression atteint ainsi 13,9 % en un an.
Cette dynamique contraste avec l’évolution observée à l’échelle régionale. Dans l’ensemble de l’UEMOA, les nouveaux crédits ont progressé de 6,0 %, passant de 21 558,2 milliards à 22 857,9 milliards de FCFA.
La Côte d’Ivoire concentre ainsi à elle seule près de 37 % des nouveaux concours bancaires distribués dans l’Union en 2025.
Plus de 1 000 milliards de FCFA de crédits supplémentaires
En valeur absolue, les nouvelles mises en place de crédits en Côte d’Ivoire ont augmenté de près de 1 023 milliards de FCFA en un an.
Le pays devance largement le Sénégal, deuxième marché en volume avec 5 974,7 milliards de FCFA de nouveaux crédits, en hausse de 4,8 %. Le Togo affiche pour sa part une progression beaucoup plus rapide, de 23,5 %, mais sur un marché nettement plus réduit, à 1 352,5 milliards de FCFA.
La dynamique régionale reste toutefois hétérogène. Les crédits progressent également au Bénin et au Burkina Faso, tandis qu’ils reculent de 23,7 % au Mali et de 10,8 % au Niger.
La Côte d’Ivoire est également l’un des marchés bancaires les plus denses de l’Union. À fin 2025, elle comptait 29 banques et quatre établissements financiers, soit 33 établissements de crédit, au même niveau que le Sénégal.
Le coût moyen du crédit recule en Côte d’Ivoire
L’accélération des volumes s’est accompagnée d’une légère amélioration des conditions de financement. Selon la BCEAO, le taux débiteur moyen a diminué de 19 points de base en Côte d’Ivoire en 2025. Le pays fait partie, avec le Niger, le Burkina Faso et le Togo, des marchés de l’Union où le coût moyen du crédit a reculé. À l’inverse, une hausse a été constatée au Bénin, en Guinée-Bissau, au Sénégal et au Mali. Cette évolution intervient dans un environnement monétaire devenu progressivement plus favorable. Face au reflux de l’inflation, la BCEAO a abaissé son principal taux directeur de 3,50 % à 3,25 % à compter du 16 juin 2025. Rapport annuel.À l’échelle de l’UEMOA, le taux moyen appliqué aux crédits est ainsi revenu de 6,76 % en 2024 à 6,69 % en 2025.
Un poids régional qui se renforce
La progression du crédit ivoirien s’inscrit dans un environnement économique régional porteur. Le PIB réel de l’UEMOA a progressé de 6,5 % en 2025, après 6,2 % en 2024, tandis que l’inflation moyenne est retombée à 0 %, contre 3,5 % un an auparavant.
Pour la Côte d’Ivoire, les données de la BCEAO font surtout apparaître une consolidation de sa place dans le système bancaire régional. Avec plus d’un tiers des nouveaux crédits distribués dans l’UEMOA, le marché ivoirien constitue désormais le premier pôle de financement bancaire de l’Union en volume de crédits mis en place en 2025.