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il y'a 4 semainesle
Par
Marc Yoboué
Après plusieurs mois d’accalmie, les tensions sur les prix extérieurs réapparaissent dans l’UEMOA. En juillet 2026, l’indice des produits alimentaires importés a progressé de 9,2 % sur un an, tandis que l’inflation régionale est remontée à 1,2 %. Dans le même temps, plusieurs matières premières exportées par l’Union ont bénéficié d’une conjoncture internationale favorable.
La conjoncture internationale reste contrastée pour les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. En juillet 2026, plusieurs produits d’exportation ont profité de cours internationaux bien orientés, alors que la facture de certains produits alimentaires importés repart à la hausse.
Les cours mondiaux du pétrole brut, calculés sur la moyenne du Brent et du WTI, ont progressé de 18,1 % sur un an en juillet. Le mouvement reste important, mais marque une décélération après la hausse de 21,4 % enregistrée en juin. L’évolution des prix a notamment été influencée par les perspectives de désescalade diplomatique au Moyen-Orient, qui ont favorisé une correction des cours en fin de mois.
Plusieurs matières premières exportées par les pays de l’UEMOA ont enregistré de fortes progressions. Le caoutchouc affiche une hausse de 25,9 % en glissement annuel, devant l’or, dont les cours augmentent de 21,9 %, le coton de 17,2 % et le café de 10,2 %.
Le métal jaune continue notamment de bénéficier de son statut de valeur refuge dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et la prudence des investisseurs.
La situation est nettement moins favorable pour le cacao. Ses cours internationaux reculent de 23,9 % sur un an. La noix de cajou enregistre également une baisse de 5,6 %.
Cette divergence entre matières premières constitue un enjeu important pour les économies de l’Union, dont les performances extérieures restent fortement dépendantes de l’évolution des marchés agricoles et miniers.
Autre signal à surveiller : l’indice des prix des produits alimentaires importés par les États membres de l’UEMOA a augmenté de 9,2 % en juillet 2026. Il s’agit de sa première progression depuis mai 2024, mettant fin à une longue séquence de repli.
Trois produits expliquent principalement cette évolution. Les cours de l’huile progressent de 25,7 %, ceux du blé de 21,7 % et ceux du riz de 10,4 %. Le mouvement est toutefois partiellement compensé par la baisse des prix du lait, de 23,1 %, et du sucre, de 6 %.
Pour les entreprises et les ménages de la région, la remontée des prix du blé, du riz et des huiles constitue un indicateur particulièrement sensible. Ces produits occupent une place importante dans les importations alimentaires et peuvent se transmettre progressivement aux coûts de production, au commerce et aux prix à la consommation.
Dans ce contexte, le taux d’inflation de l’UEMOA s’est établi à 1,2 % en juillet, contre 0,8 % en juin, soit une accélération de 0,4 point de pourcentage.
Les produits alimentaires participent à ce mouvement, avec une hausse de 0,8 % après une stabilité le mois précédent. Les prix des restaurants et hôtels progressent de 1,7 %, contre 1,2 % en juin, tandis que les transports enregistrent une augmentation de 3,7 %.
L’inflation sous-jacente, qui permet de mieux apprécier la tendance de fond des prix, atteint pour sa part 1 %, en hausse de 0,2 point.
Les pressions inflationnistes demeurent ainsi modérées à l’échelle régionale, mais la remontée des prix internationaux des denrées importées crée un nouveau point de vigilance pour les prochains mois.
Face à cette évolution encore contenue des prix, la politique monétaire reste inchangée. Le taux minimum de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidité demeure fixé à 3 %, tandis que le taux du guichet de prêt marginal reste à 5 %, niveaux en vigueur depuis le 16 mars 2026.
Les refinancements accordés aux banques ont cependant reculé de 1,3 % en juillet, à 6 687,9 milliards de FCFA. Le taux moyen pondéré des adjudications hebdomadaires de liquidités s’est légèrement détendu, à 3,3207 %, contre 3,3306 % en juin.
Sur le marché interbancaire, les échanges ont diminué de 13,9 %. Leur volume moyen hebdomadaire s’est établi à 696,6 milliards de FCFA. Dans le même temps, le taux de référence à une semaine est passé de 3,68 % à 3,73 %.
Pour les entreprises, la situation combine donc deux signaux. La stabilité des taux directeurs limite pour l’instant le risque d’un durcissement supplémentaire des conditions monétaires, mais la remontée du coût des importations alimentaires et de certains intrants pourrait exercer de nouvelles pressions sur les charges d’exploitation au cours des prochains mois.
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