Après deux années de contestations, l’État ivoirien ajuste en 2026 les modalités de l’impôt foncier. Plafonnement des hausses, baisse de certains taux et clarification des bases d’imposition visent à corriger les effets les plus critiqués de la réforme engagée depuis 2024.
Un plafonnement clair des hausses d’impôt foncier
Principale mesure introduite par l’Annexe fiscale 2026 : l’encadrement strict de l’évolution annuelle de l’impôt foncier.
Désormais, la hausse de l’impôt dû par un propriétaire est plafonnée entre +10 % et +25 % par rapport au montant acquitté l’année précédente.
Cette disposition vise à éviter les augmentations brutales constatées ces dernières années, parfois supérieures à 50 %, voire davantage dans certaines zones urbaines à forte valorisation foncière.
Des taux revus à la baisse pour certains terrains non bâtis
Autre correction majeure : le taux applicable aux propriétés non bâties détenues dans le cadre de baux emphytéotiques est ramené à 0,2 % de la valeur marchande, contre 1 % auparavant.
Cette mesure concerne notamment les terrains exploités sur le long terme par des preneurs (zones industrielles, projets immobiliers en développement), et vise à alléger une fiscalité jugée pénalisante pour l’investissement.
La valeur marchande confirmée comme base de calcul
L’ Annexe fiscale 2026 ne revient pas sur le principe central de la réforme :
- la valeur marchande reste la base d’imposition des biens bâtis et non bâtis
- ces valeurs sont déterminées par des commissions administratives centrales et régionales
En revanche, le texte précise et sécurise les modalités d’application afin de réduire les litiges et améliorer la compréhension du calcul par les contribuables.
Un enjeu clé pour le marché immobilier
Ces ajustements interviennent dans un contexte de forte urbanisation et de besoins croissants en logements, notamment dans les grandes agglomérations. Pour les professionnels du secteur, la lisibilité fiscale constitue un facteur déterminant dans la structuration de l’offre et la mobilisation des capitaux.
En cherchant un équilibre entre rendement budgétaire et acceptabilité économique, l’État ivoirien tente de préserver l’attractivité du marché immobilier tout en consolidant ses ressources publiques. L’ Annexe fiscale 2026 s’inscrit ainsi dans une logique de correction pragmatique, plus que de rupture.