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Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo parti pour ne rien lâcher

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C’est une victoire symbolique pour Laurent Gbagbo. Mais une victoire quand même. Pour la deuxième fois en dix jours, la Cour africaine de justice désavoue la Côte d’Ivoire, lui ordonnant vendredi de réintégrer l’ex-président sur la liste électorale pour la présidentielle du 31 octobre. Dans son ordonnance, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ordonne à l’État ivoirien de « prendre toutes les mesures nécessaires en vue de lever immédiatement tous les obstacles empêchant le requérant [M. Gbagbo] de s’enregistrer sur la liste électorale ».

L’ex-chef d’État qui a dirigé la Côte d’Ivoire entre 2000 et 2010 ne figure pas sur les listes électorales révisées cette année, il ne peut donc ni voter ni être candidat.

Mi-septembre, le Conseil constitutionnel ivoirien avait rejeté la candidature de Laurent Gbagbo à la présidentielle. Cette candidature avait été déposée par ses partisans, lui-même ne s’étant toujours pas exprimé sur le sujet.

Selon les autorités ivoiriennes, cette décision a fait suite à la condamnation de Laurent Gbagbo par la justice ivoirienne à vingt ans de prison, dans l’affaire dite du « braquage de la BCEAO », la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest, lors de la crise postélectorale de 2010-2011.

Le Conseil constitutionnel a aussi argué que le dossier de M. Gbagbo ne comprenait pas une déclaration signée de sa main faisant acte de candidature. Et il n’a par ailleurs pas renoncé à son poste de membre de droit du Conseil constitutionnel en tant qu’ancien président de la République, ce qui selon le Conseil, l’empêche de se présenter.

Saisie par Laurent Gbagbo début septembre, la Cour africaine qui siège à Arusha (Tanzanie) ordonne également à l’État ivoirien de « suspendre la mention de la condamnation pénale du casier judiciaire ».

Lire aussi La Côte d’Ivoire prend ses distances avec la Cour africaine des droits de l’homme

Que vaut l’ordonnance de la CADHP ?

Dans le cas de l’ordonnance concernant Laurent Gbagbo, il s’agit d’une décision provisoire prise en attendant qu’elle statue sur le fond de la requête de l’ex-dirigeant. Son avocat, Me Claude Maintenon, s’est tout de même dit « satisfait » du jugement auprès de l’AFP, tout en rappelant que « l’application dépend du bon vouloir de l’État ». En effet, par ses décisions, la CADHP peut constater des violations des droits de l’homme et condamner l’État défendeur à des réparations. Il peut s’agir de sanctions pécuniaires, d’indemnisations des préjudices subis, etc. Elle peut également prononcer des injonctions, par exemple, d’enjoindre à un État de modifier des lois violant les droits de l’homme, ou reprendre des investigations.

Reste à faire appliquer ces décisions, qui sont en principe définitives, car elles sont rendues en premier et dernier ressort. La majorité des pays résistent à une décision de la Cour. En dernier recours, la Cour peut saisir la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Au bout, il revient à la Conférence de prendre des sanctions, comme la suspension de l’aide financière apportée par l’Union africaine à ce pays. À ce jour, aucune sanction n’a été prise contre un État récalcitrant.

Lire aussi Guillaume Soro : « Il faut qu’Alassane Ouattara recule et que le droit prévale »

Que va faire l’État ivoirien ?

Accusant la Cour africaine de porter « atteinte à la souveraineté de la Côte d’Ivoire », Abidjan lui a « retiré sa déclaration de compétence » en avril et de fait se désintéresse depuis des décisions de la Cour.

Ce retrait était intervenu après que la CADHP eut ordonné de suspendre les procédures judiciaires à l’encontre d’un autre candidat à la présidentielle du 31 août, Guillaume Soro, qui l’avait saisie.

Abidjan reste cependant juridiquement lié à ses décisions. La Cour note en effet dans son jugement que le retrait de compétence ne devient effectif qu’à « l’expiration du délai d’un an », soit à partir d’avril 2021.

Et ce retrait de compétence signifie seulement que l’État ivoirien ne permet plus à la Cour de « recevoir des requêtes d’individus et d’organisations non gouvernementales ».

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ivoirien, Sidi Touré, a jugé pour sa part que la CAHDP « est dans sa logique d’attenter à la souveraineté de l’État » ivoirien. « Les questions électorales relèvent de notre souveraineté nationale », a-t-il insisté.

Réponse du président ivoirien, samedi lors d’une conférence de presse : « Pour nous, ce sont des décisions qui sont nulles et de nul effet qui porteraient atteinte à notre souveraineté. Nous ne les appliquons pas et nous n’avons pas l’intention de les appliquer et je signale, sur 45 États membres de l’Union africaine, il y avait neuf qui étaient membres de la Cour africaine et depuis le retrait du Bénin, du Rwanda et de la Côte d’Ivoire, même la Tanzanie, il ne reste plus que six » a-t-il tranché à la fin d’une visite d’État.

Lire aussi Côte d’Ivoire : « Il ne s’agit pas du 3e mandat du président Ouattara »

Quel est l’impact de cette décision dans le processus électoral actuel ?

Le Conseil constitutionnel ivoirien a refusé 40 des 44 candidatures à la présidentielle d’octobre, dont celle de Laurent Gbagbo et celle de l’ex-chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro.

Elle a en revanche validé la candidature controversée à un troisième mandat du président sortant Alassane Ouattara.

Il y a dix jours, la CADHP a demandé à la Côte d’Ivoire de permettre la candidature de M. Soro, refusée par la Cour constitutionnelle ivoirienne après sa condamnation à vingt ans de prison pour « recel de détournement de deniers publics ». Il est aussi accusé de « tentative d’insurrection ».

« Soro, comme Gbagbo, a été écarté, car son casier judiciaire n’est pas vierge. Tous deux le savaient parfaitement : leurs candidatures relèvent de la provocation », a déclaré le président Ouattara dans un entretien publié jeudi par l’hebdomadaire français Paris Match.

La tension politique est forte en Côte d’Ivoire à un peu plus d’un mois du scrutin présidentiel. En août, une quinzaine de personnes ont été tuées dans des violences après l’annonce de la candidature de M. Ouattara, qualifiée de « forfaiture » par l’opposition.

La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le Conseil constitutionnel a estimé que l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution en 2016 a remis le compteur à zéro pour l’actuel chef de l’État. Une interprétation contestée par l’opposition.

Lire aussi Blé Goudé : « je lance un appel pour un report du scrutin électoral »

Que signifie cette victoire pour Laurent Gbagbo ?

Laurent Gbagbo ne s’est toujours pas prononcé personnellement sur sa candidature, ni sur ses intentions. Le flou demeure sur ce qu’il souhaite réellement faire, car jusqu’à présent ce sont ses partisans qui se sont exprimés et ont même déposé son dossier de candidature en son nom, mais une chose est certaine sa popularité est toujours aussi forte.

« Le président Gbagbo revient avec son aura de martyr. Tout un mythe a été bâti autour de sa personne. Laurent Gbagbo qui aurait vécu la Françafrique, Laurent Gbagbo qui aurait survécu aux bombes du président Sarkozy, Laurent Gbagbo qui aurait triomphé de la CPI, qui aurait déjoué tel et tel complot international. Il revient avec une véritable aura. Pour son camp c’est du pain bénit. Pour le camp d’en face, ça trouble un peu les calculs », analyse le politologue Sylvain N’Guessan interrogé par la chaîne RT France.

Pour rappel : après huit années de procédure, Laurent Gbagbo et son ex-ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé ont été acquittés le 15 janvier 2019. Les deux coaccusés étaient poursuivis par la CPI pour des charges de crimes contre l’humanité qui auraient été commis lors des violences postélectorales en Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

Cette crise postélectorale s’était déclenchée après que le président sortant, Laurent Gbagbo, reconnu vainqueur par le Conseil constitutionnel, et Alassane Ouattara, reconnu également comme tel par la Commission électorale indépendante, ont chacun revendiqué la victoire à l’élection présidentielle de novembre 2010.

Lire aussi Côte d’Ivoire : d’une mauvaise Constitution à l’autre

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Nigeria : Répression de manifestations contre les violences policières

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Il faut engager des poursuites contre les autorités policières responsables d’abus et effectuer des réformes structurelles

NEW YORK, USA, le 19 Octobre 2020,-/African Media Agency (AMA)/-Les forces de sécurité du Nigeria ont répondu à des manifestations contre les brutalités policières, qui étaient dans une très large mesure pacifiques, avec de nouvelles violences et de nouveaux abus,.

Des manifestations à travers le pays ont commencé le 8 octobre 2020, les participants appelant les autorités à dissoudre une unité de police connue pour de tels abus, la Brigade spéciale anti-vol (Special Anti-Robbery Squad, SARS). En guise de riposte, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau, et a tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant au moins quatre personnes et en blessant de nombreuses autres. Des voyous armés ont également perturbé les manifestations et attaqué les participants.

« Des citoyens qui exercent leur droit de manifester et qui appellent à mettre fin aux brutalités policières sont eux-mêmes brutalisés et harcelés par des agents qui devraient au contraire les protéger », a déclaré Anietie Ewang, chercheuse sur le Nigeria auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Cela souligne l’importance des réclamations des manifestants et cela illustre la culture de l’impunité prévalant dans tout le système policier, qui a grand besoin d’être réformé.»

Les manifestations ont été déclenchées par une vidéo diffusée le 3 octobre sur Internet et montrant prétendument un agent de la SARS tirant sur un jeune homme, dans l’État du Delta. Cela a suscité une intense réprobation sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, où le hashtag #EndSARS (« Supprimer la SARS ») a commencé à faire tendance dans le monde entier, et a conduit à des manifestations dans tout le Nigeria et dans d’autres villes à travers le monde.

Répondant en partie aux exigences des manifestants, le gouvernement a annoncé le 11 octobre que cette unité de la SARS serait démantelée. Cependant, ses membres seront intégrés dans d’autres unités de police après avoir subi des « tests psychologiques», et la SARS elle-même sera remplacée par une Équipe spéciale d’armements et de tactique (Special Weapons and Tactical Team, SWAT), qui doit commencer à s’entraîner la semaine prochaine. Aucune mesure n’a été prise pour faire rendre des comptes aux agents de la SARS pour les abus commis dans le passé, ou pour enquêter sur les individus responsables des récentes brutalités à l’égard des manifestants et les poursuivre en justice.

La SARS a été formée en 1992 pour lutter contre les vols à main armée et d’autres crimes graves. Mais depuis sa création, cette unité est accusée d’être impliquée dans des violations systématiques des droits humains, parmi lesquelles des meurtres extrajudiciaires, des actes de torture, des arrestations arbitraires, des détentions illégales et des extorsions de fonds. De nombreux Nigérians estiment que cette unité a délibérément profilé et ciblé les jeunes, en particulier ceux qui arborent des tatouages, des dreadlocks et certains biens ostensibles comme les téléphones et les ordinateurs portables. Au cours des années, les autorités nigérianes ont à plusieurs reprises promis de réformer la SARS et d’assurer que des comptes soient rendus pour les abus commis par ses agents, mais avec peu de succès jusqu’ici.

Bien que les autorités aient désormais accepté d’abolir la SARS et de prendre des mesures pour mettre fin aux brutalités policières, les manifestations, sous l’impulsion de jeunes Nigérians, ont continué. Les manifestants réclament des réformes plus ambitieuses et des mesures concrètes pour régler le problème des brutalités policières, en particulier à la suite des attaques subies par les manifestants.

Le 10 octobre, un jeune homme, Jimoh Isiaka, a été tué, apparemment lorsque la police a ouvert le feu pour disperser des manifestants à Ogbomosho, dans l’État d’Oyo, selon les médias et Amnesty International. Au moins deux autres personnes – un homme et un adolescent – ont été tuées le lendemain lors de manifestations de protestation contre la mort d’Isiaka, selon une enquête publiée par le Premium Times et comportant une vidéo qui, selon ce journal, montre des agents de police traînant des corps jusque dans un véhicule blindé de transport de troupes, après la fusillade.

Le gouverneur de l’État d’Oyo a confirmé que trois personnes avaient été tuées et au moins six autres blessées lors des manifestations dans cet État. Dans une déclaration, la police a affirmé n’avoir utilisé que des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et a démenti les allégations de fusillade le 10 octobre.

À Abuja, la police a dispersé des manifestants le 11 octobre à l’aide de gaz lacrymogène et de canons à eau. Human Rights Watch s’est entretenu avec trois personnes qui ont participé ou qui se trouvaient à proximité de la manifestation, et qui ont été sévèrement passées à tabac par les policiers.

L’une d’elles, une femme de 30 ans, a affirmé qu’au moins quatre agents de police l’avaient frappée à coups de bâton et de matraque, peu après que la police eut tiré des cartouches de gaz lacrymogène et dirigé leurs canons à eau sur les manifestants.

« Quand nous avons vu que les agents qui se trouvaient devant nous sur la route avaient formé une ligne pour nous faire face, nous nous sommes arrêtés et nous sommes assis ou agenouillés sur le sol, pour leur montrer que nous n’étions pas agressifs », a-t-elle dit. « Mais immédiatement, des cartouches de gaz lacrymogène ont commencé à tomber partout, suivies par de très forts jets d’eau, pendant environ 10 à 15 minutes sans interruption. Je portais un masque mais avec l’eau qui me frappait le visage, j’avais du mal à respirer. Puis ils ont commencé à courir vers nous. Je ne suis pas enfuie parce que je n’aurais pas dû avoir à le faire; Je ne faisais rien de mal.»

Cette femme a ajouté qu’un agent de police a alors commencé à la frapper à coups de bâton et, quand elle a essayé de le repousser, deux autres les ont rejoints, avec un bâton et une matraque. Elle est restée étendue au sol pendant qu’ils continuaient à la frapper. Puis, un homme qui avait observé et filmé la scène de l’autre côté de la rue est arrivé au volant de sa voiture et lui a crié d’y monter. Alors qu’elle essayait de monter dans la voiture, un autre agent l’a frappée dans le dos avec un gros bâton. Elle a affirmé que son passage à tabac lui avait causé une fracture du crâne et que, depuis lors, elle a des vertiges. Elle a été hospitalisée.

Une autre femme, âgée de 28 ans, a affirmé qu’elle rentrait de son travail et se dirigeait vers son domicile, le 11 octobre non loin du Secrétariat fédéral à Abuja, quand elle a vu une foule qui courait dans sa direction. Elle s’est aussi mise à courir mais s’est vite arrêtée pour décider où aller.

« Dès que la police est arrivée et m’a vue, un agent m’a demandé ce que je faisais là, et quand j’ai répondu que je revenais de mon travail, il a demandé: ‘Quel travail?’», a-t-elle dit. « Je n’ai même pas pu lui expliquer ou lui montrer une pièce d’identité avant que d’autres n’arrivent et commencent à me frapper à coups de gourdin. Environ six agents m’ont entourée, me frappant tandis que j’étais étendue au sol. L’un d’eux m’a même menacée avec un couteau; Ils ont vidé le contenu de mon sac sur le sol et ont fracassé mon téléphone avant de me laisser partir.»

Le 12 octobre, des agents de police à Surulere, un quartier de Lagos, ont ouvert le feu pour disperser des manifestants, tuant un homme de 55 ans, Ikechukwu Ilohamauzo, ont affirmé les médias. Human Rights Watch a interrogé deux manifestants et un journaliste qui étaient sur place. L’un des manifestants a affirmé que la police était arrivée et avait ouvert le feu pour disperser les manifestants quand ceux-ci se trouvaient à proximité d’un commissariat, près de Western Avenue. Alors qu’il courait en compagnie d’autres manifestants, ils ont réalisé qu’un homme venait d’être atteint d’une balle et ils sont retournés vers lui. Les manifestants ont observé et filmé tandis qu’une équipe médicale essayait d’administrer des soins d’urgence à cet homme, mais en vain et l’homme est mort. Human Rights Watch a visionné la vidéo et l’a archivée.

Les médias ont affirmé qu’Ilohamauzo était un conducteur qui s’était trouvé pris dans les embouteillages à proximité des manifestations et qui était sorti de son véhicule pour uriner, quand il a été atteint d’une balle perdue.

La police de Surulere affirme qu’Ilohamauzo a été tué d’une balle perdue tirée par les manifestants qui, selon elle, ont également tué par balles un agent de police lors d’une attaque du commissariat. Elle a arrêté trois manifestants qu’elle accuse d’en être les responsables. Toutefois, des vidéos ont depuis lors fait leur apparition en ligne, qui prétendent montrer que cet agent de police était tombé au sol après une rafale de tirs de la part de ses collègues. Les trois manifestants ont ensuite été remis en liberté. Human Rights Watch n’a pas vu d’éléments de preuve indiquant que des manifestants étaient armés ou tiraient sur la foule.

La police a arrêté des dizaines de manifestants, a dénié à certains d’entre eux le droit de contacter leur avocat et ne les a remis en liberté qu’à la suite de l’intervention de responsables gouvernementaux de haut rang, dont les gouverneurs des États et le président du Sénat. Il y a également des informations selon lesquelles la police aurait endommagé et confisqué les caméras de manifestants et de journalistes. Des bandits pro-gouvernementaux présumés ont également blessé des manifestants et détruit des biens, selon les médias.

Le 15 octobre, l’armée nigériane a mis en garde « les éléments subversifs et les fauteurs de troubles » et offert de « soutenir l’autorité civile en quelque capacité que ce soit pour maintenir la loi et l’ordre.» L’armée nigériane a également été impliquée dans des violations des droits humains, notamment pour avoir recouru à la force létale contre des manifestants pacifiques.

Le droit de manifester pacifiquement est garanti par la constitution nigériane et par le droit humanitaire international. L’usage de la force sans nécessité pour disperser des manifestants est illégal. Au contraire, les manifestants devraient être protégés par les autorités.

Human Rights Watch a documenté des violations des droits humains par la police nigériane depuis des années. Dans un rapport de 2010, Human Rights Watch avait averti que le manquement prolongé des autorités à leur devoir de s’occuper des violations commises par la police ne ferait que renforcer l’impunité et mènerait à davantage d’abus systémiques.

« Les autorités nigérianes ne peuvent plus ignorer la nécessité d’engager des réformes sérieuses et d’introduire de la responsabilité dans le système policier », a conclu Anietie Ewang. « Elles devraient aller au-delà des discours et envoyer un signal clair selon lequel les choses sont en train de changer, en ouvrant des enquêtes sur les attaques ayant visé les manifestants et en prenant immédiatement des mesures pour faire rendre des comptes aux agents responsables.»

Distribué par African Media Agency (AMA) pour Human Rights Watch.

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Nigeria: Crackdown on Police Brutality Protests

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Prosecute Officers Responsible; Move Toward Systemic Reform

NEW YORK, USA, October 19, 2020,-/African Media Agency (AMA)/-Nigerian security forces have responded to overwhelmingly peaceful protests against police brutality with more violence and abuse.

Nationwide protests began on October 8, 2020, calling on the authorities to abolish an abusive police unit called the Special Anti-Robbery Squad (SARS). In response, the police have shot tear gas, water cannons, and live rounds at protesters, killing at least four people and wounding many others. Armed thugs have also disrupted protests and attacked protesters.

“People exercising their right to protest and calling for an end to police brutality are themselves being brutalized and harassed by those who should protect them,” said Anietie Ewang, Nigeria researcher at Human Rights Watch. “This underscores the importance of the protesters’ demands and the culture of impunity across the policing system, which is in dire need of reform.”

The protests were sparked by a video that surfaced online on October 3, allegedly showing a SARS officer shooting a young man in Delta state. This generated an outcry on social media, especially Twitter, where the hashtag #EndSARS began trending globally, and led to protests across Nigeria and in other cities around the world.

Responding in part to the protesters’ demands, the government announced on October 11 that the SARS unit would be disbanded. Yet its members will be integrated into other police units following “psychological tests,” and SARS is to be replaced by a Special Weapons and Tactical Team that is to begin training next week. No steps have been taken to hold SARS officers to account for past abuses, or to investigate and prosecute those responsible for the recent crackdown on protesters.

SARS was formed in 1992 to combat armed robbery and other serious crimes. Yet since its inception, the unit has allegedly been implicated in widespread human rights abuses, including extrajudicial killings, torture, arbitrary arrests, unlawful detention, and extortion. Many Nigerians feel that the unit has deliberately profiled and targeted young people, especially those with tattoos, dreadlocks, and visible possessions such as phones and laptops. Over the years, Nigerian authorities have repeatedly promised to reform SARS and ensure accountability for abuses by its officers, but with few results.

Although the authorities have now agreed to abolish SARS and take measures to end police brutality, the protests led by young Nigerians have continued. Protesters are calling for more far-reaching reforms and critical action to address police brutality, especially in the wake of attacks against protesters.

On October 10, a young man, Jimoh Isiaka, was allegedly killed when police opened fire to disperse protesters in Ogbomosho, Oyo state, media reports and Amnesty International have said. At least two other people – a man and a teenage boy – were killed the following day in protests against Isiaka’s death, based on a Premium Times investigation that included a video purporting to show police officers dragging bodies into an armored personnel carrier after the shooting.

The Oyo state governor confirmed that three people were killed and at least six others injured during protests in the state. The police said in a statement that they only used tear gas to disperse the protesters and denied allegations of any shooting on October 10.

In Abuja, police dispersed protesters on October 11 with tear gas and water cannons. Human Rights Watch interviewed three people who participated in or were in the vicinity of the protests and were badly beaten by officers.

One, a 30-year-old woman, said that at least four police officers beat her with big sticks and batons soon after the police fired tear gas and water cannons on protesters.

“When we saw officers down the road from us had formed a line facing us, we stopped moving and we sat on the ground or knelt down to show them that we were not aggressive,” she said. “But before we knew it, tear gas started flying all over the place and a strong force of water followed for about 10 to 15 minutes nonstop. I had a mask on and with the water hitting my face, I found it very difficult to breathe. They soon started running in our direction. I didn’t run because I shouldn’t have to; I was not doing anything wrong.”

The woman said that one officer began beating her with a stick, and when she tried to ward him off, two others joined in, with a stick and baton. She lay flat on the ground as they continued beating her. Eventually someone who had been observing and filming on the other side of the road came by in his car and shouted at her to get in. As she tried to get in the car, another officer hit her back with a big stick. She said that the beating fractured her skull and she has had dizzy spells since. She has been hospitalized.

Another, a 28-year-old woman, said that she was on her way home from work on October 11 around the Federal Secretariat in Abuja when she saw a crowd of people running in her direction. She also started running but soon stopped to figure out where she was going.

“As soon as the police arrived there and saw me, one asked me what I was doing there, and when I replied that I was on my way back from work, he asked, ‘Which work?’” she said. “I didn’t even get a chance to explain or show identification before others came and started beating me with big sticks. About six officers gathered around me, beating me as I lay on the ground. One even threatened me with a knife; they emptied the contents of my bag all over the floor and smashed my phone before they let me go.”

On October 12, police officers in Surulere, Lagos, opened gunfire to disperse protesters, killing 55-year-old Ikechukwu Ilohamauzo, media reported. Human Rights Watch interviewed two protesters and one journalist at the scene. One protester said that the police arrived and opened fire to disperse the protesters when they were close to a police station around Western Avenue. As he and others were running, they realized that a man had been hit by a bullet and went back to where he was. The protesters watched and filmed as a medical team tried to give the man emergency care, but he died. Human Rights Watch reviewed the footage and has it on file.

Media reports said that Ilohamauzo was a driver stuck in traffic in the vicinity of the protests who came out of his vehicle to urinate when he was struck by a stray bullet.

Police in Surulere claim that Ilohamauzo was killed by a stray bullet from protesters who they say also shot and killed a police officer during an attack on the police station. They arrested three protesters whom they claim were responsible. Videos have since surfaced online, however, that purport to show that the officer fell to the ground after a burst of fire from his colleagues. The protesters were eventually released. Human Rights Watch has not seen any evidence indicating that protesters were armed or firing on the crowd.

The police arrested dozens of protesters, refused some of them access to their lawyers, and only released them following the intervention of senior government officials, including the state governors and the Senate President. There have been reports of police damaging and confiscating the cameras of protesters and journalists. Alleged pro-government thugs have also injured protesters and destroyed property, media reported.

On October 15, the Nigerian army warned “subversive elements and troublemakers” to desist and offered to “support the civil authority in whatever capacity to maintain law and order.” The Nigerian army has also been implicated in human rights abuses, including the use of lethal force against peaceful protesters.

The right to peaceful protest is guaranteed by the Nigerian constitution and international human rights law. Unnecessary use of force to disperse protesters is unlawful. Protesters should instead be protected by the authorities.

Human Rights Watch has documented human rights abuses by the Nigerian police force for years. In a 2010 report, Human Rights Watch cautioned that the long-term failure of the authorities to address abuses by the police would reinforce impunity and lead to more systemic abuses.

“Nigerian authorities can no longer evade the need for serious reform and accountability in the police system,” Ewang said. “They should go beyond words and send a signal that it is no longer business as usual by investigating the attacks on protesters and taking immediate steps to hold officers and others accountable.”

Distributed by African Media Agency (AMA) on behalf of Human Rights Watch.

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UN chief urges inclusive, peaceful elections in Guinea

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On the eve of the presidential elections in Guinea, the UN Secretary-General has called on all national stakeholders to ensure that the polls are conducted in an inclusive and peaceful manner. 

NEW YORK, USA, October 19, 2020,-/African Media Agency (AMA)/-Secretary-General António Guterres urged all political leaders and their supporters to refrain from acts of incitement, inflammatory language, ethnic profiling and violence, his spokesperson said in a statement on Saturday. 

“The Secretary-General urges political leaders and their parties to resolve any disputes that may arise through legal means,” the statement continued. 

“He reiterates the commitment of the United Nations to support the country’s efforts to promote national cohesion,” it added. 

The UN chief also called on the defence and security forces to act responsibly and with utmost restraint. 

The polls are taking place on Sunday, 18 October.  

Distributed by African Media Agency (AMA) on behalf of UN News.

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