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Décryptage

Visas France 2024 : la reprise se confirme, mais l’Afrique reste à la porte

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Malgré la hausse globale des visas délivrés (+16,8 %), les procédures françaises restent un obstacle pour de nombreux entrepreneurs et dirigeants africains. Les visas économiques et “Talent” reculent, au risque de pénaliser les échanges d’affaires entre la France et ses partenaires du continent.

Une reprise encore incomplète

La France a délivré près de 2,9 millions de visas en 2024, selon les données du ministère de l’Intérieur. Une progression de 16,8 % sur un an, portée par la reprise post-pandémique, mais encore loin du niveau d’avant-crise. Les volumes actuels sont comparables à ceux de 2014, bien en deçà des records atteints entre 2017 et 2019.

Cette dynamique repose avant tout sur les visas de court séjour, en hausse de 19,7 %, dont bénéficient notamment les ressortissants chinois, maghrébins et indiens. À l’inverse, les visas de long séjour – ceux qui structurent les échanges universitaires et économiques – reculent de 2,8 % après leur pic de 2023.

Les mobilités africaines sous pression

Le continent africain conserve une place significative : 32 % des visas de long séjour sont attribués à six pays – Maroc, Tunisie, Algérie, Cameroun, Sénégal et Côte d’Ivoire. Mais la tendance reste contrastée. Seul le Cameroun progresse, tandis que les autres reculent, à commencer par le Maroc (32 793 visas, -17 %) et la Tunisie (20 068, -10 %).

Les motifs de délivrance varient fortement : au Maghreb, les visas économiques et familiaux dominent, tandis qu’en Afrique subsaharienne, les visas étudiants représentent plus de 60 % des délivrances pour le Cameroun et le Sénégal. Une structure qui illustre la difficulté d’accès des professionnels et entrepreneurs africains à des séjours de longue durée en France.

Les visas “Talent” marquent le pas

Symbole des ambitions françaises d’attirer les profils qualifiés, le visa “Talent” enregistre un net repli : -10,8 % sur un an, après trois années de hausse. La Tunisie (13 %), l’Inde (12 %) et le Maroc (8 %) concentrent un tiers des visas délivrés. L’ Afrique subsaharienne n’y apparaît qu’à travers le Cameroun, avec 539 bénéficiaires.

Cette inflexion s’explique par la chute du nombre de visas “Talent – Salarié” (-28,9 %) et de ceux accordés aux familles (-11,8 %). Elle met en lumière les limites du dispositif d’attraction des compétences étrangères, pourtant présenté comme un levier de compétitivité et d’innovation.

Cette situation contraste avec les ambitions françaises d’attirer davantage d’investissements africains et de renforcer les partenariats d’affaires. Dans un contexte où le Royaume-Uni ou encore les Émirats arabes unis multiplient les dispositifs d’accueil simplifiés pour les talents du continent, la France risque de perdre en attractivité.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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