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il y'a 1 heurele
Par
Marc Yoboué
La valeur des transactions de monnaie électronique a progressé de 39,7 % dans l’UEMOA en 2025, contre 20,5 % un an auparavant. Cette accélération confirme le changement d’échelle du marché, dont les flux ont plus que triplé depuis 2021.
La monnaie électronique a retrouvé un rythme de croissance soutenu dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Selon le tableau de bord de l’inclusion financière publié en septembre 2026 par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la valeur des transactions a atteint 219 151 milliards de FCFA en 2025, contre 156 889 milliards en 2024, soit une augmentation de 39,7 %.
Cette performance marque une nette accélération par rapport à l’année précédente. Après une progression de 50,5 % en 2022, puis de 35,4 % en 2023, la croissance en valeur avait ralenti à 20,5 % en 2024. Elle retrouve en 2025 un niveau proche de 40 %, sans toutefois égaler celui de 2022.
Le rebond concerne également le nombre d’opérations. Les transactions passent de 11,92 milliards en 2024 à 16,37 milliards en 2025, soit une hausse de 37,3 %, contre 13,9 % l’année précédente. En moyenne, près de 45 millions d’opérations ont ainsi été effectuées chaque jour dans l’Union.
Sur la période 2021-2025, la valeur des transactions de monnaie électronique est passée de 63 895 milliards à 219 151 milliards de FCFA, soit une multiplication par 3,4. Le volume des opérations a, pour sa part, été multiplié par 3,2, passant de 5,15 milliards à 16,37 milliards de transactions.
Cette progression s’accompagne d’une expansion continue du nombre de comptes. À fin 2025, l’UEMOA comptait 284,8 millions de comptes de monnaie électronique ouverts, contre 248,7 millions un an auparavant, soit une augmentation de 14,5 %. Le nombre de comptes actifs a progressé plus rapidement, de 20,6 %, pour atteindre 92,7 millions.
La croissance des transactions dépasse ainsi largement celle du nombre de comptes actifs. Cette divergence suggère une intensification des opérations réalisées au sein de l’écosystème, même si les données agrégées ne permettent pas de mesurer précisément la fréquence des transactions par utilisateur unique.
Le montant moyen d’une transaction, calculé à partir des volumes et valeurs publiés, ressort à environ 13 391 FCFA en 2025, contre 13 160 FCFA en 2024. Sa relative stabilité indique que la progression de la valeur globale des échanges provient principalement de la multiplication des opérations plutôt que d’une hausse marquée de leur montant unitaire.
La dynamique régionale demeure largement portée par trois marchés : la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso.
Avec 71 307 milliards de FCFA de transactions en 2025, la Côte d’Ivoire conserve la première place régionale, devant le Sénégal (58 617 milliards) et le Burkina Faso (43 456 milliards). Ensemble, ces trois pays concentrent environ 79 % de la valeur des transactions de monnaie électronique réalisées dans l’Union.
Le Burkina Faso se distingue particulièrement, avec une progression de près de 116 % de la valeur de ses opérations. Cette augmentation contribue sensiblement à l’accélération régionale, mais appelle une analyse complémentaire de la composition des transactions, notamment des transferts transfrontaliers.
Au-delà de la progression des montants échangés, les résultats de 2025 soulignent le rôle croissant de la monnaie électronique dans la circulation des flux financiers. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de conclure à une progression équivalente des paiements marchands, de l’épargne ou des revenus des opérateurs.
La nouvelle phase de développement du marché pose ainsi une question centrale : dans quelle mesure l’accélération des transactions traduit-elle une diversification durable des usages financiers numériques ?
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