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Economie

Cacao ivoirien : le retard de la récolte complique le passage aux nouvelles règles européennes

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La campagne principale 2026-2027 s’annonce plus tardive que prévu en Côte d’Ivoire. Les fèves pourraient arriver massivement à Abidjan et San Pedro à quelques semaines de l’entrée en vigueur du règlement européen contre la déforestation, obligeant exportateurs et autorités à gérer un calendrier particulièrement serré selon Reuters.

Pour la filière cacao ivoirienne, la fin de l’année 2026 pourrait se transformer en course contre la montre.

La récolte principale, dont le démarrage est prévu le 1er septembre, devrait monter en puissance beaucoup plus tard que lors d’une campagne normale. Plusieurs acteurs du secteur anticipent désormais l’arrivée des volumes significatifs à partir de la fin octobre ou du début novembre, avec une forte accélération en décembre.

Les causes sont multiples : conditions météorologiques difficiles, entretien insuffisant de certaines plantations et prolongation des effets de la campagne intermédiaire. Selon une estimation avancée dans la filière, la récolte principale pourrait ainsi accuser huit à dix semaines de retard.

En septembre, les arrivages hebdomadaires dans les ports ivoiriens devraient rester inférieurs à 15.000 tonnes, avant de demeurer sous les 25.000 tonnes en octobre.

Une échéance au 30 décembre

Ce retard prend une dimension particulière en raison du calendrier européen.Le règlement de l’Union européenne contre la déforestation doit entrer en application le 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises. Les opérateurs commercialisant notamment du cacao dans l’Union devront être en mesure d’apporter les garanties requises sur l’origine et la traçabilité des produits.

Les exportateurs pourraient donc chercher à accélérer leurs expéditions avant cette date, au moment même où la récolte ivoirienne atteindra son rythme de croisière.

Cette combinaison fait redouter une saturation ponctuelle des capacités logistiques d’Abidjan et de San Pedro : transport depuis les zones de production, stockage, traitement documentaire et chargement des navires seront sollicités simultanément.

Des volumes pourtant dans la norme

Paradoxalement, les volumes attendus entre octobre et décembre ne sont pas exceptionnellement élevés.

Environ 900 000 tonnes devraient être acheminées vers les ports ivoiriens sur ces trois mois, contre 1,1 million de tonnes sur la même période de 2025. Historiquement, les arrivages se situent généralement entre 800.000 tonnes et 1 million de tonnes au quatrième trimestre.

La tension potentielle provient donc davantage de la concentration des flux que de leur niveau absolu.

Sur l’ensemble de la récolte principale, qui court jusqu’au 28 février 2027, le Conseil du Café-Cacao prévoit au maximum 1,4 million de tonnes. Les exportateurs avancent une fourchette légèrement supérieure, entre 1,4 et 1,45 million de tonnes.

La Côte d’Ivoire avait déjà engagé la commercialisation à terme d’une partie importante de sa récolte 2026-2027 : environ 1 million de tonnes avaient été vendues début juin, selon Reuters.

Après plusieurs campagnes dominées par les inquiétudes sur la production et les prix, la prochaine séquence pourrait ainsi mettre sous les projecteurs un autre maillon de la filière ivoirienne : sa capacité logistique à absorber rapidement une récolte dont le calendrier se décale.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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