Les financements bancaires destinés à l’immobilier ont nettement reculé dans l’UEMOA en 2025. Alors que le volume global de crédits progresse, les prêts immobiliers diminuent de 15,6 % et leur taux moyen remonte à 6,67 %. Un mouvement qui contraste avec l’assouplissement général des conditions de crédit dans l’Union.
Selon le rapport annuel de la BCEAO sur les conditions de banque, les crédits destinés à l’immobilier ont enregistré une baisse de 15,6 % sur un an. Dans le même temps, le montant total des nouveaux crédits distribués dans l’Union a progressé de 6 %, à 22 857,9 milliards de FCFA.
Cette évolution se traduit également dans la structure des financements accordés par les banques. En 2025, les crédits immobiliers ne représentent plus que 5,4 % des nouveaux concours, contre 6,8 % en 2024. Ils restent loin derrière les crédits de trésorerie, qui concentrent 47,2 % des montants mis en place.
Un coût du crédit immobilier en hausse
Le recul des volumes s’accompagne d’un renchérissement du financement.
Le taux débiteur moyen appliqué aux crédits immobiliers est passé de 6,29 % en 2024 à 6,67 % en 2025, soit une hausse de 38 points de base.
Cette évolution intervient pourtant dans un contexte où le taux moyen de l’ensemble des crédits distribués dans l’UEMOA a légèrement diminué, de 6,76 % à 6,69 %.
L’immobilier évolue donc à contre-courant de la tendance générale.
Alors que les crédits à la consommation ont bénéficié d’une forte baisse des taux, de 8,15 % à 7,31 %, les financements immobiliers se sont renchéris. Les crédits à l’équipement ont également enregistré une légère hausse de leur taux moyen, de 7,04 % à 7,06 %.
Un financement bancaire toujours très orienté vers le court terme
Cette évolution s’inscrit dans une structure de crédit encore largement dominée par les financements de courte durée.
En 2025, 73,1 % des nouveaux crédits accordés dans l’UEMOA sont à court terme, contre 11,5 % à moyen terme et 15,4 % à long terme.
Cette structure peut constituer une contrainte particulière pour l’immobilier, secteur qui nécessite généralement des financements longs et des montants importants.
Le recul des crédits immobiliers apparaît ainsi comme l’un des principaux signaux de prudence contenus dans le rapport 2025 de la BCEAO.
Un marché à suivre de près
L’évolution observée en 2025 ne signifie pas nécessairement un recul de l’ensemble de l’activité immobilière dans l’UEMOA. Le rapport de la BCEAO porte sur les crédits bancaires mis en place et non sur les ventes immobilières, les mises en chantier ou la demande de logements.
Il montre néanmoins que le canal bancaire a apporté moins de nouveaux financements à l’immobilier en 2025, à un coût moyen plus élevé.
Pour les promoteurs, investisseurs et ménages, cette évolution constitue un indicateur à suivre dans un contexte où l’accès au financement reste déterminant pour la dynamique du marché.