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Carburants propres : la Côte d’Ivoire engage un projet de 546 milliards de FCFA avec l’appui de la BAD

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La Banque africaine de développement accordera un prêt de 131,2 milliards de FCFA à la Société ivoirienne de raffinage pour produire du gazole à très faible teneur en soufre. Attendu en 2029, le nouveau complexe industriel doit renforcer la sécurité énergétique de la Côte d’Ivoire et de plusieurs pays voisins.

La Côte d’Ivoire veut consolider son rôle de plateforme énergétique en Afrique de l’Ouest tout en améliorant la qualité des carburants produits sur son territoire. La Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 200 millions d’euros, soit 131,2 milliards de FCFA, pour soutenir le projet « Clean Air » de la Société ivoirienne de raffinage.

Le programme, dont le coût total est évalué à environ 546,4 milliards de FCFA, porte sur la construction d’un complexe d’hydrodésulfuration du gazole au sein de la raffinerie d’Abidjan. Sa mise en service est prévue en 2029.

L’installation permettra à la SIR de produire du gazole à très faible teneur en soufre, mieux adapté aux normes environnementales internationales et aux motorisations modernes. Le projet doit ainsi réduire les émissions polluantes liées à l’utilisation des carburants, notamment dans les grandes agglomérations ouest-africaines.

La BAD interviendra comme arrangeur chef de file du financement. Elle sera chargée de structurer l’opération et de mobiliser, aux côtés de son propre prêt, les ressources d’autres institutions financières de développement et partenaires privés.

Un enjeu qui dépasse le marché ivoirien

L’investissement revêt une dimension régionale. La SIR approvisionne non seulement le marché ivoirien, mais également plusieurs pays voisins, dont le Mali et le Burkina Faso. Ces économies enclavées dépendent en partie des corridors logistiques ivoiriens pour leur accès aux produits pétroliers raffinés.

En renforçant les capacités de traitement de la raffinerie, le projet Clean Air doit contribuer à sécuriser l’offre de carburants dans la sous-région. Il permettra également à la SIR de continuer à exporter ses produits sur des marchés où les normes de qualité deviennent progressivement plus strictes.

Cette modernisation apparaît d’autant plus stratégique que les raffineries africaines doivent faire face à la concurrence des produits importés, souvent issus d’installations plus modernes et conformes à des standards environnementaux plus exigeants.

La nouvelle unité doit ainsi permettre à la SIR de préserver ses débouchés, d’améliorer la qualité de sa production et de réduire le risque d’un déclassement technologique de ses installations.

Un impact industriel et social attendu

La construction du complexe devrait générer environ 1 140 emplois temporaires. Après sa mise en service, 82 emplois permanents seront nécessaires à son exploitation, tandis qu’environ 900 postes existants au sein de la raffinerie devraient être préservés.

Une cinquantaine de salariés doivent également être formés à l’utilisation et à la maintenance des nouvelles technologies installées.

Pour la Banque africaine de développement, le projet doit produire des effets simultanés sur l’industrialisation, la santé publique et la résilience des infrastructures énergétiques. Il s’inscrit dans sa stratégie décennale 2024-2033, qui accorde une place importante à la mobilisation de capitaux privés et au financement d’infrastructures plus résilientes.

En engageant plus de 546 milliards de FCFA dans la modernisation de sa principale raffinerie, la Côte d’Ivoire cherche à maintenir un outil industriel stratégique tout en préparant son marché à l’adoption progressive de carburants moins polluants.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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