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il y'a 1 heurele
Par
Marc Yoboué
L’activité économique de l’UEMOA reste bien orientée en 2026, portée par l’industrie, le BTP, le commerce et les services financiers. La croissance du PIB réel est attendue à 6,2% au deuxième trimestre, après 6,1% au premier trimestre. Mais la hausse des cours de l’énergie et les ajustements des prix des carburants dans plusieurs pays pourraient raviver les tensions inflationnistes.
L’économie de l’UEMOA confirme sa résilience au début de l’année 2026. Selon les dernières données conjoncturelles, le PIB réel de l’Union devrait progresser de 6,2% au deuxième trimestre, après 6,1% au premier trimestre.
Cette dynamique repose principalement sur la bonne tenue du commerce, des services et de la campagne agricole. Elle intervient dans un environnement ouest-africain contrasté. Au Nigeria, la croissance s’est renforcée en avril malgré la hausse des coûts des carburants. Au Ghana, l’activité a progressé plus modérément, freinée par l’augmentation des coûts des intrants.
À fin mars 2026, les indicateurs d’activité restent globalement favorables dans l’Union. La production industrielle a rebondi de 4,3% en variation mensuelle, après une baisse de 5,2% en février. En glissement annuel, elle progresse de 6,2%, portée notamment par les activités manufacturières, extractives, ainsi que par la production et distribution d’électricité et de gaz.
Le BTP reste également bien orienté dans plusieurs pays. Les enquêtes auprès des chefs d’entreprise signalent une amélioration de l’activité au Bénin, au Sénégal, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau. En revanche, le Mali, le Niger et le Togo affichent un recul.
Le commerce a aussi retrouvé une dynamique positive. Le chiffre d’affaires du commerce de détail a progressé de 3,7% en mars, après une baisse de 2,4% le mois précédent. Les services financiers se sont, pour leur part, renforcés de 1,0% sur un mois et affichent une hausse de 15,5% sur un an.
Sur le front des prix, l’UEMOA bénéficie encore d’une situation favorable. En avril 2026, le taux d’inflation est ressorti à 0% en glissement annuel, contre 0,1% en mars.
Cette stabilité s’explique principalement par la baisse des prix des produits alimentaires et le ralentissement des coûts liés au logement. Les prix des céréales, des tubercules, de l’huile et du sucre ont notamment reculé.
En Côte d’Ivoire, l’inflation a également ralenti, passant de 2,0% en mars à 1,4% en avril. Une décélération est aussi observée au Togo. À l’inverse, le Mali enregistre une légère hausse, tandis que le Sénégal reste stable.
Cette accalmie pourrait toutefois être temporaire. Les projections indiquent une remontée de l’inflation à 1,0% en mai, puis à 1,5% en juin 2026.
Cette accélération attendue serait liée au renchérissement des produits énergétiques, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient. Elle reflète aussi les effets du relèvement des tarifs des produits pétroliers dans plusieurs pays de l’Union, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Mali et au Togo.
Les transports commencent déjà à refléter cette pression, avec une hausse liée aux carburants et aux services de transport de voyageurs par route. Si cette tendance se prolonge, elle pourrait se transmettre aux coûts logistiques, aux produits importés et aux prix à la consommation.
En avril 2026, l’indice des prix des principaux produits de base exportés par les pays de l’UEMOA a progressé de 0,3%. Cette hausse est portée par le coton, le phosphate, le pétrole, les huiles végétales, le zinc, le cacao et le caoutchouc.
À l’inverse, les cours du gaz naturel, du café, de l’uranium et de l’or ont reculé. Sur un an, l’indice des produits exportés reste toutefois en baisse de 3,4%, pénalisé notamment par le recul du cacao, du café, du bois de grume et de la noix de cajou.
Du côté des importations alimentaires, les prix ont augmenté de 1,7% en avril. L’huile de soja, le lait, le blé et le sucre se sont renchéris, tandis que le riz a reculé grâce à l’abondance des stocks mondiaux.
L’UEMOA aborde donc le deuxième trimestre 2026 avec une croissance solide et une inflation encore contenue. L’activité reste soutenue par l’industrie, le BTP, le commerce et les services financiers.
Mais le principal risque vient désormais de l’énergie. Une hausse durable des carburants pourrait peser sur les coûts des entreprises, les prix du transport et le pouvoir d’achat des ménages. Dans ce contexte, l’enjeu sera de préserver la dynamique de croissance tout en limitant la transmission du choc énergétique aux prix intérieurs.
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