Le Niger et les services du FMI ont conclu un accord sur la neuvième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit. Une fois validée par le conseil d’administration, cette étape permettra à Niamey d’accéder à environ 18,6 milliards FCFA, dans un contexte de croissance robuste mais de tensions budgétaires persistantes.
Le Niger se rapproche d’un nouveau décaissement du Fonds monétaire international. Les services du FMI et les autorités nigériennes ont annoncé avoir conclu un accord au niveau des services sur la neuvième revue du programme économique soutenu par la Facilité élargie de crédit.
L’accord reste soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI, qui devrait examiner le dossier à la fin du mois de juillet 2026. Son feu vert permettrait le décaissement de 24,08 millions de DTS, soit environ 33 millions de dollars. Sur la base d’un taux prudent de 565 FCFA pour un dollar, ce montant représente environ 18,6 milliards FCFA.
Cette enveloppe doit aider le pays à couvrir ses besoins de financement extérieur et à poursuivre les réformes engagées dans le cadre du programme. Pour Niamey, l’enjeu est double : préserver la stabilité macroéconomique tout en accompagnant une trajectoire de croissance encore vigoureuse.
Selon le FMI, l’économie nigérienne a progressé de 6,9 % en 2025 et devrait croître de 7 % en 2026. Cette dynamique est principalement portée par l’agriculture et le secteur extractif, deux moteurs clés de l’activité. À moyen terme, la croissance devrait se maintenir autour de 6,1 %, sous réserve d’un environnement sécuritaire et climatique moins défavorable.
Sur le front des prix, la situation reste particulière. Après une forte baisse de l’inflation en 2025, estimée en moyenne à -4,7 %, les prix recommencent à progresser. L’inflation devrait toutefois rester négative en moyenne en 2026, à -1,9 %. La hausse des coûts du pétrole et des transports pèse néanmoins sur les importations et sur les ménages les plus vulnérables.
Côté finances publiques, le déficit budgétaire s’est établi à 2,9 % du PIB en 2025, un niveau inférieur aux prévisions et conforme au critère de convergence de l’UEMOA fixé à 3 %. Cette performance reflète les efforts de mobilisation des recettes intérieures, ainsi que la progression des revenus liés aux exportations de pétrole brut.
Mais l’équilibre reste fragile. En 2026, le déficit devrait remonter à 3,4 % du PIB, afin de financer les dépenses de reconstruction après les catastrophes naturelles de l’année précédente et de soutenir les ménages affectés par la hausse des prix de certains produits de base.
Le FMI souligne par ailleurs les progrès réalisés dans la gestion de la trésorerie, l’apurement des arriérés et la transparence, avec la publication de contrats pétroliers conclus entre l’État et les compagnies du secteur. Les autorités nigériennes entendent également accélérer la mise en œuvre de leur stratégie de gestion des recettes pétrolières.
Reste que les risques demeurent élevés. L’intensification de l’insécurité, les chocs climatiques, la baisse des financements concessionnels et le niveau important des besoins de financement brut pourraient raviver les tensions budgétaires. Dans ce contexte, le Niger devra arbitrer entre soutien à l’économie, discipline budgétaire et prudence dans l’endettement.
Note de conversion :
Conversion indicative réalisée sur la base d’un taux prudent de 1 dollar = 565 FCFA.