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Economie

Dette du Sénégal : les marchés doutent de plus en plus de la capacité de Dakar à éviter une restructuration

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Sénégal
Photo de Papa birame Faye: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/senegal-11381249/

Alors qu’une mission du FMI est en cours à Dakar, les investisseurs considèrent de plus en plus qu’une restructuration de la dette sénégalaise devient difficile à éviter. Malgré la pression des marchés, les autorités semblent encore chercher une solution alternative, notamment via des garanties multilatérales.

Le Sénégal s’enfonce dans une zone de fortes turbulences financières. Alors qu’une mission du Fonds monétaire international est présente à Dakar depuis lundi, une partie croissante des investisseurs considère désormais qu’un défaut de paiement n’est plus une hypothèse marginale, mais un scénario de référence.

Selon Reuters, aucun accord ne devrait être conclu à l’issue de cette mission. Les discussions entre les autorités sénégalaises et le FMI restent bloquées sur la trajectoire budgétaire, les hypothèses de croissance et la stratégie à adopter face à un endettement devenu difficilement soutenable. Le programme de 1,8 milliard de dollars conclu avec le FMI avait été gelé après la révélation, en 2024, de dettes publiques sous-déclarées par l’administration précédente.

Le dossier est devenu particulièrement sensible depuis que S&P Global Ratings a évalué la dette non déclarée à environ 13 milliards de dollars, soit près du quart d’une économie estimée à 40 milliards de dollars. Les obligations internationales du Sénégal se traitent désormais à des niveaux très dégradés, entre 52 et 58 cents pour un dollar de valeur nominale, signe d’une défiance marquée des marchés.

Pour l’heure, Dakar continue d’honorer ses engagements. Le pays a réglé plus de 90 millions de dollars de coupons obligataires au début du mois de juin. Mais cette capacité de paiement ne suffit plus à rassurer les investisseurs, qui observent une dépendance croissante aux refinancements de court terme sur le marché régional.

Le départ d’Ousmane Sonko de la Primature a été interprété par certains investisseurs comme la levée d’un obstacle politique à une éventuelle restructuration. L’ancien Premier ministre s’était opposé publiquement à cette option, qu’il avait qualifiée de « honte ». Mais son influence politique demeure, notamment depuis son élection à la présidence de l’Assemblée nationale.

Dans ce contexte, les autorités sénégalaises semblent explorer une voie médiane : éviter une restructuration frontale tout en recherchant des garanties auprès d’institutions multilatérales de développement. Ces garanties pourraient permettre de mobiliser des financements à moindre coût. Mais leur obtention reste incertaine compte tenu du niveau de dette, de la notation souveraine et de l’absence d’accord formel avec le FMI.

Le Sénégal se trouve ainsi face à un arbitrage délicat. Refuser une restructuration permet de préserver, à court terme, l’image de signature du pays. Mais prolonger l’attente risque d’accroître le coût final de l’ajustement. Pour les marchés, la question n’est plus seulement de savoir si Dakar restructurera sa dette, mais à quel moment et dans quelles conditions.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
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