Leader incontesté du mobile money, l’Afrique subsaharienne concentre désormais l’essentiel des usages mondiaux. Mais derrière cette domination, le secteur entre dans une nouvelle phase, marquée par un ralentissement relatif et des défis structurels persistants.
Une domination sans équivalent
L’ Afrique subsaharienne s’impose comme le cœur du mobile money mondial. En 2025, la région concentre plus de la moitié des comptes enregistrés et près des trois quarts des transactions mondiales.
Avec 1,2 milliard de comptes et 1 400 milliards de dollars de flux (environ 840 000 milliards FCFA), la dynamique reste soutenue, avec des croissances respectives de 18 % et 26 % .
Cette performance confirme un basculement : le mobile money n’est plus un outil d’inclusion, mais une infrastructure financière de masse, intégrée aux usages quotidiens.
Une montée en puissance des cas d’usage
Le secteur évolue vers une sophistication accrue. Les paiements de factures et les paiements groupés connaissent une progression rapide.
Ces derniers atteignent 139 milliards de dollars en 2025 (environ 83 400 milliards FCFA), en hausse de 25 % .
Plus largement, les opérateurs structurent désormais de véritables écosystèmes autour des paiements marchands, des services publics ou encore des transferts d’entreprise.
Un ralentissement relatif face aux autres régions
Malgré ce leadership, les signaux de maturité apparaissent. La croissance des paiements en Afrique subsaharienne (+6 % en valeur) est désormais inférieure à celle observée en Amérique latine ou en Asie .
Autrement dit, si la région reste dominante en volume, elle perd en dynamisme relatif, signe d’un marché en voie de saturation sur certains segments.
Le verrou des paiements transfrontaliers
Le principal frein au développement du secteur reste l’intégration régionale. Les transferts internationaux demeurent les plus coûteux au monde, avec un coût moyen de 8,78 % .
En cause :
- des réglementations hétérogènes;
- des exigences KYC non harmonisées;
- des infrastructures de paiement fragmentées.
Résultat : les flux transfrontaliers restent largement sous-exploités, alors même que le commerce intra-africain progresse.
Une nouvelle frontière : l’interopérabilité
Pour les acteurs du secteur, le prochain cycle de croissance passera moins par l’acquisition de nouveaux utilisateurs que par l’intégration des systèmes.
Les initiatives régionales se multiplient, mais leur généralisation reste conditionnée à une harmonisation réglementaire et à des investissements lourds dans les infrastructures.
Après une décennie d’expansion rapide, le mobile money en Afrique subsaharienne entre dans une phase charnière. Le défi n’est plus d’élargir l’accès, mais de construire un marché réellement intégré, capable de soutenir le commerce continental.
Taux de conversion utilisé
1 dollar (USD) = 600 FCFA (approximation usuelle pour usage éditorial)