Connect with us

Economie

Côte d’Ivoire : le programme SIRA veut former plus de 900 000 jeunes aux métiers recherchés par les entreprises

Avatar

Publié

le

pexels-madknoxxdeluxe-31453970

La Banque mondiale a approuvé une initiative régionale de 642 millions de dollars destinée à rapprocher l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi. En Côte d’Ivoire, plus de 900 000 jeunes devraient bénéficier du programme, qui accompagnera les ambitions industrielles du Plan national de développement 2026-2030.

Côte d’Ivoire : le programme SIRA veut former plus de 900 000 jeunes aux métiers recherchés par les entreprises

La Banque mondiale a approuvé une initiative régionale d’environ 371 milliards FCFA destinée à rapprocher l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi. En Côte d’Ivoire, plus de 900 000 jeunes devraient bénéficier du programme, qui accompagnera les ambitions industrielles du Plan national de développement 2026-2030.

Réduire le décalage entre les formations proposées aux jeunes et les compétences recherchées par les entreprises. Tel est l’objectif du programme SIRA, approuvé le 23 juin 2026 par le Groupe de la Banque mondiale.

Baptisée « Compétences pour l’innovation, la résilience et les aspirations », cette initiative régionale sera déployée dans un premier temps en Côte d’Ivoire, à Cabo Verde et en Guinée.

Sa première phase mobilisera 371 milliards FCFA (642 millions de dollars) et devrait toucher environ 5,4 millions de jeunes dans les trois pays. Les jeunes femmes, les personnes sorties du système scolaire et les populations vulnérables feront partie des cibles prioritaires.

Pour la Côte d’Ivoire, l’ambition est de permettre à plus de 900 000 jeunes d’accéder à des formations qualifiantes de meilleure qualité et d’améliorer leurs perspectives d’insertion professionnelle.

Rapprocher les formations des besoins des entreprises

Le programme doit notamment renforcer les liens entre l’enseignement professionnel, l’enseignement supérieur et le monde de l’entreprise.

Les parcours de formation seront davantage orientés vers les compétences réellement demandées sur le marché du travail. Les employeurs seront également associés à la définition des programmes, à la certification des compétences et à l’accompagnement des jeunes vers l’emploi.

Cette orientation répond à une difficulté persistante dans plusieurs économies africaines : la coexistence d’un chômage élevé chez les jeunes et de besoins en main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs.

« SIRA change la donne en matière de compétences et d’emplois en Côte d’Ivoire et en Guinée », affirme Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division du Groupe de la Banque mondiale pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo.

Selon elle, le renforcement de la formation technique et professionnelle doit permettre de créer une main-d’œuvre plus qualifiée, de meilleurs emplois et une croissance économique plus rapide.

Un appui au Plan national de développement 2026-2030

En Côte d’Ivoire, le programme s’inscrit dans les orientations du Plan national de développement 2026-2030. Il doit contribuer à faire des compétences professionnelles un levier de transformation industrielle et de développement du secteur privé.

L’énergie, la santé, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et le tourisme figurent parmi les secteurs à fort potentiel ciblés par l’initiative régionale.

Le dispositif ne se limitera donc pas au financement de formations. Il soutiendra également les infrastructures nécessaires, l’amélioration de la gouvernance des systèmes éducatifs et les investissements privés susceptibles de générer des emplois.

La Banque mondiale entend ainsi créer un parcours plus lisible entre l’apprentissage, la certification, la recherche d’emploi et l’intégration dans les entreprises.

Une réponse à la pression démographique

Chaque année, environ six millions de jeunes arrivent sur le marché du travail en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce rythme exerce une pression croissante sur les systèmes éducatifs et sur les économies, qui doivent créer suffisamment d’emplois pour absorber les nouveaux actifs.

Pour Ousmane Diagana, vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, SIRA doit permettre aux pays de passer « d’initiatives fragmentées à une plateforme unifiée et évolutive » reliant les compétences, les emplois et la transformation économique.

À Cabo Verde, le programme devrait bénéficier directement à environ 50 000 jeunes âgés de 15 à 35 ans. Il prévoit notamment de développer les formations professionnelles, les certifications et l’accompagnement vers l’emploi ou le travail indépendant.

En Guinée, environ 2,7 millions de jeunes devraient être concernés. Le programme soutiendra la modernisation de l’enseignement secondaire et le développement de formations techniques dans l’agroalimentaire, l’énergie et le numérique, en cohérence avec la Vision Simandou 2040.

À travers SIRA, la Banque mondiale mise donc sur une approche régionale, mais adaptée aux priorités économiques de chaque pays. Pour la Côte d’Ivoire, la réussite du programme dépendra notamment de sa capacité à orienter les jeunes vers les métiers porteurs et à faire participer durablement les entreprises à la conception des formations.

Lynn-karelle
Expert Etude Sectorielle
ChatBot