Lors du dernier sommet de l’Union africaine, les dirigeants africains ont validé la création d’un mécanisme de stabilité financière doté de 20 milliards de dollars. Accueilli par la Banque africaine de développement (BAD), ce fonds vise à renforcer la résilience des économies africaines face aux risques de crise de la dette.
Les chefs d’État africains ont franchi une étape décisive dans la gestion des risques financiers du continent en validant la mise en place du Mécanisme africain de stabilité financière (AFSM), un fonds de 20 milliards de dollars (environ 12 000 milliards de FCFA) destiné à prévenir d’éventuelles crises de la dette.
Annoncé officiellement par la Banque africaine de développement (BAD), qui hébergera ce mécanisme, ce fonds ambitionne d’offrir aux pays africains un filet de sécurité, à l’image des dispositifs existant en Europe et en Asie. Il permettra notamment d’accéder aux marchés internationaux de capitaux en bénéficiant de sa propre notation de crédit.
Le projet, initié en février 2022, entre désormais dans une phase opérationnelle. La BAD a indiqué qu’elle accélérera la rédaction d’un accord formel et la ratification par les États membres. L’adhésion au fonds sera volontaire et ouverte à tous les pays de l’Union africaine, avec une possibilité d’intégration pour des membres non africains, à hauteur de 20 %, tout en maintenant une majorité africaine.
L’initiative répond à une double nécessité : anticiper les risques de défaut de paiement liés aux dettes commerciales extérieures, mais aussi faire face aux pressions croissantes sur les finances publiques, notamment en raison du changement climatique et des besoins en investissement.
D’après Kevin Urama, vice-président et chef économiste de la BAD, si le fonds est mis en œuvre comme prévu, il pourrait permettre aux États africains d’économiser environ 20 milliards de dollars (environ 12 000 milliards de FCFA) en coûts de service de la dette d’ici 2035. Une annonce qui marque un tournant pour la souveraineté financière du continent.