Connect with us

African Media Agency (AMA)

Un nouveau rapport sur la COVID-19 en Afrique souligne le besoin d’améliorer l’accès aux services de soins de santé et la protection du personnel sanitaire

Avatar

Publié

le

Plus de 24 000 adultes répartis dans 18 États membres de l’Union africaine apportent des informations sur les effets indirects du virus 

NEW YORK, USA, le 24 septembre 2020 -/African Media Agency (AMA)/- La plupart des États membres de l’Union africaine (UA) ont rapidement mis en œuvre des mesures de santé publique et sociales (MSPS) pour contenir l’épidémie de COVID-19. Ces mesures ont probablement ralenti la propagation du virus, et le nombre de cas en Afrique est resté inférieur aux prévisions. Bien que de nombreux gouvernements aient depuis lors assoupli les restrictions, permettant ainsi la reprise d’une certaine activité économique, de nouvelles recherches menées par le Partenariat pour une réponse à la COVID-19 fondée sur des données probantes (PERC) mettent en exergue les charges indirectes importantes que le virus fait peser en Afrique et offrent des recommandations aux gouvernements à l’heure où les pays augmentent ou réduisent les MSPS pour contrôler la pandémie.

Près de la moitié des personnes interrogées ont déclaré avoir renoncé aux soins habituels pendant la pandémie, selon le dernier rapport du PERC – le deuxième de sa série « Utiliser les données pour trouver un équilibre » (Using Data to Find a Balance) – qui s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 24 000 adultes dans 18 États membres de l’Union africaine, ainsi que sur des données sociales, économiques et épidémiologiques provenant de plusieurs sources. Jusqu’à 70 % des personnes interrogées ont déclaré avoir rencontré des problèmes d’accès à la nourriture pendant la semaine précédente, et le même pourcentage de personnes interrogées ont déclaré gagner moins d’argent que l’année dernière à la même époque. Malgré tout, le respect des MSPS est resté fort, et 85 % des personnes interrogées ont déclaré avoir porté un masque de protection au cours des sept jours précédents.

« Les États membres de l’Union africaine ont fermement réagi à la COVID-19 », a déclaré le Dr John Nkengasong, directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. « Les données présentées dans le nouveau rapport du PERC vont permettre aux décideurs de ne pas se fixer uniquement sur le nombre de cas de COVID-19 et de prendre plutôt en compte la santé et le bien-être d’une façon plus globale et d’adapter les mesures d’intervention en conséquence. »

Les gouvernements et les organisations d’aide internationale doivent agir rapidement afin de rétablir l’accès aux services de santé pour les soins qui ne concernent pas la COVID-19 et pour reconstruire la demande publique de services.

Parmi les participants à l’enquête qui ont eu besoin de soins de santé pendant la pandémie, près de la moitié ont déclaré avoir sauté ou retardé des soins ; parmi ceux qui ont eu besoin de médicaments, près de la moitié ont déclaré avoir eu plus de difficultés à les obtenir. Les services de soins de santé les plus souvent retardés ou omis ont été les examens de contrôle, suivis par les soins pour la malaria, le diabète, les problèmes cardiovasculaires, les soins prénataux et les soins aux enfants de moins de 5 ans.

« Comme lors des épidémies précédentes, nous constatons que les soins de santé manqués et retardés ont un fort prix à payer », a déclaré le Dr Zabulon Yoti, directeur régional par intérim du groupe de l’état de préparation et de la réponse aux urgences de l’Organisation mondiale de la santé. « Même les examens de contrôle sont essentiels pour dépister et traiter les personnes atteintes de maladies transmissibles et non transmissibles. Nous devons protéger l’accès aux soins de santé en veillant à ce que les établissements soient équipés pour traiter les infections à la COVID-19 et pour offrir une protection adéquate au personnel sanitaire ».

La plupart des personnes interrogées se sont déclarées favorables à la réouverture de leurs économies nationales, mais elles ont également fait part de leur forte anxiété face à la reprise des activités normales. Les données indiquent que la COVID-19 est considérée comme une menace sérieuse, mais que pour beaucoup, les besoins économiques l’emportent sur l’inquiétude de contracter le virus.

Toutefois, l’observance de ce que l’on appelle les « 3 M » – masque mis, mains bien lavées et maintenir la distance – est resté élevée, ce qui indique aux responsables politiques la voie à suivre. Un soutien efficace des gouvernements à ces mesures comportementales pourrait atténuer le besoin de mesures plus restrictives à l’avenir.

« La COVID-19 a menacé les progrès effectués à l’égard de tous les objectifs de développement durable, et les données du PERC montrent clairement l’importance de mesures d’aide ciblées », a déclaré la Dr Elsie S. Kanza, responsable de l’agenda régional pour l’Afrique et membre du comité exécutif du Forum économique mondial. « Ces mesures sont nécessaires pour favoriser la reprise économique, protéger la santé et empêcher les inégalités de se creuser. »

Le rapport souligne également les lacunes dans la communication des données clés, notamment les données sur la transmission au sein des communautés et l’observance des mesures préventives, ce qui limite la rapidité et l’impact des efforts déployés pour gérer les épidémies locales et rend difficile le bon dimensionnement des MSPS.
« Les données sont essentielles pour notre défense contre la COVID-19, et plus les gouvernements des États membres de l’UA pourront s’y fier pour étayer leurs décisions, plus leur réponse sera efficace », a déclaré le Dr Tom Frieden, président-directeur général de Resolve to Save Lives, une initiative de Vital Strategies.

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :

  • 44 % des personnes interrogées ayant besoin de soins de santé ont déclaré qu’elles-mêmes ou un membre de leur foyer avait manqué ou retardé des services nécessaires, et 45 % des personnes interrogées ayant besoin de médicaments ont déclaré la même chose à l’égard de l’accès aux médicaments
  • 70 % des personnes ont fait état de problèmes d’accès à la nourriture, principalement en raison de la perte de revenus ou de la hausse des prix des denrées alimentaires
  • 70 % des personnes interrogées ont déclaré gagner moins d’argent qu’à la même époque l’année dernière
  • Les familles à faibles revenus étaient plus susceptibles de connaître une baisse de revenus. Près de 80 % des foyers ayant un revenu mensuel inférieur à 100 USD ont vu leurs revenus baisser, contre 60 % des foyers ayant un revenu mensuel d’au moins 500 USD
  • Six personnes interrogées sur dix sont d’avis qu’il est nécessaire de rouvrir l’économie et que les risques sanitaires de la COVID-19 sont minimes si les règles de distanciation sociale sont respectées
  • 85 % des personnes interrogées ont déclaré avoir porté un masque de protection en public au cours des sept jours précédents, mais comme on pouvait s’y attendre, compte tenu du récent relâchement de certaines MSPS, un pourcentage plus faible (60 %) a déclaré éviter les rassemblements religieux et seulement la moitié a déclaré rester à la maison au lieu de se rendre au travail, à l’école ou à d’autres activités régulières
  • Alors que plus des deux tiers des personnes interrogées sont d’avis qu’un grand nombre de personnes de leur pays seront touchées par la COVID-19, moins d’un tiers (29 %) ont estimé avoir personnellement un risque élevé d’être infectées
  • Bien que la plupart des personnes interrogées aient indiqué avoir une connaissance élémentaire de la COVID-19, la désinformation sur le virus est fréquente, en particulier celle qui implique une interférence étrangère dans les traitements et les vaccins. Près d’une personne interrogée sur trois se range derrière l’affirmation selon laquelle les étrangers discréditent les médicaments africains et testent les vaccins sur les Africains

Les recommandations incitent les gouvernements à :

  • Donner la priorité au « coinçage » du virus, en garantissant un approvisionnement adéquat en kits de dépistage et en réactifs pour identifier les cas positifs, en traçant les contacts étroits de ceux-ci et en isolant les cas, plutôt que de se fier à un confinement de grande envergure
  • Faciliter le plus possible aux communautés l’observance des mesures de protection personnelle peu coûteuses, appelées « 3 M » – masque mis, mains bien lavées et maintenir la distance.
  • Protéger le personnel sanitaire en établissant des protocoles pour la COVID-19, en augmentant la disponibilité des équipements de protection individuelle et la formation sur la prévention et le contrôle des infections ; puis encourager les gens à se faire soigner dans des services de santé qui n’ont pas de lien avec la COVID-19 en impliquant les dirigeants communautaires dans le processus
  • Donner la priorité aux mesures fondées sur des données probantes pour accroître la sécurité alimentaire et la reprise économique, y compris les transferts d’argent et l’aide alimentaire directe, en mettant l’accent sur les foyers aux revenus les plus faibles et sur les populations vulnérables
  • Lutter contre la désinformation en partageant des messages cohérents et basés sur des donnés probantes avec des membres de confiance des communautés, qui servent de messagers
  • Investir dans la collecte, l’analyse et la communication de données, notamment des indicateurs clés sur les cas et la réponse de santé publique, la surveillance rapide de la mortalité, les données sur les infections à la COVID-19 au sein du personnel sanitaire et les données sur l’utilisation des services de santé

Pour lire le rapport en intégralité, veuillez consulter: https://preventepidemics.org/covid19/perc/

Distribué par African Media Agency (AMA) pour Vital Strategies

À propos du Partenariat pour une réponse à la COVID-19 fondée sur des données probantes (PERC)
Le Partenariat pour une réponse à la COVID-19 fondée sur des données probantes (Partnership for Evidence-Based COVID-19 Response) est un consortium d’organisations mondiales de santé publique et d’entreprises du secteur privé. Les organisations membres du PERC sont les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC)l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Resolve to Save Lives, une initiative de Vital Strategies, la UK Public Health Rapid Support Team (équipe de soutien rapide pour la santé publique du Royaume-Uni) et le Forum économique mondialIpsoset Novetta Mission Analytics apportent leur expertise en matière d’études de marché et des années d’expérience dans l’analyse des données au partenariat PERC, qui a été créé en mars 2020 en vue de fournir aux États membres de l’UA des informations et des conseils en temps réel afin de réduire l’impact de la COVID-19 sur le continent. Le premier rapport régional du PERC, intitulé Répondre à la COVID-19 en Afrique : Utiliser les données pour trouver un équilibre (Responding to COVID-19 in Africa: Using Data to Find a Balance) a été publié en mai 2020.

À propos d’Africa CDC
Africa CDC est une institution technique spécialisée de l’Union africaine qui renforce les capacités des institutions de santé publique africaines ainsi que des partenariats pour détecter et répondre rapidement et efficacement aux menaces de maladie et aux épidémies, grâce à des interventions et des programmes basés sur des données. En savoir plus : https://africacdc.org/

À propos de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)
L’Organisation mondiale de la santé contribue à un meilleur avenir pour les populations du monde entier. Une bonne santé pose les bases de communautés dynamiques et productives, d’économies plus fortes, de nations plus sûres et d’un monde meilleur. En tant que principale autorité sanitaire au sein du système des Nations unies, notre travail touche chaque jour la vie des gens dans le monde entier. En Afrique, l’OMS est au service de 47 États membres et travaille avec des partenaires du développement pour améliorer la santé et le bien-être de toutes les personnes qui vivent ici. Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique est situé à Brazzaville, au Congo. Pour en savoir plus, consultez le site www.afro.who.int et suivez-nous sur Twitter, Facebook et YouTube.

À propos de Resolve to Save Lives
Resolve to Save Lives, une initiative de l’organisation internationale de santé Vital Strategies, se consacre à la prévention des décès dus aux maladies cardiovasculaires et à la prévention des épidémies. Elle est dirigée par le Dr Tom Frieden, ancien directeur des centres américains de contrôle et de prévention des maladies. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://www.resolvetosavelives.org ou sur Twitter @ResolveTSL et @DrTomFrieden

À propos de Vital Strategies
Chez Vital Strategies, une organisation mondiale dans le domaine de la santé, nous pensons que chaque personne devrait être protégée par un solide système de santé publique. Nous travaillons avec les gouvernements et la société civile dans 73 pays pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies fondées sur des preuves qui s’attaquent à leurs problèmes de santé publique les plus urgents. Notre objectif est de voir les gouvernements adopter des interventions prometteuses à grande échelle aussi vite que possible. Plus d’informations sur www.vitalstrategies.org ou Twitter @VitalStrat.

À propos de l’équipe de soutien rapide pour la santé publique du Royaume-Uni
La UK-PHRST est financée par l’aide britannique du ministère de la Santé et des Affaires sociales. C’est un partenariat entre la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM) et Public Health England (PHE). L’université d’Oxford et le King’s College London (KCL) sont les partenaires universitaires. Grâce à l’équipe de soutien rapide pour la santé publique du Royaume-Uni (UK-PHRST), le pays a la capacité de réagir rapidement aux épidémies dans les pays à faibles et moyens revenus du monde entier et de mener des recherches opérationnelles sur l’état de préparation aux épidémies, jouant ainsi un rôle important dans la sécurité sanitaire mondiale. L’équipe s’efforce également d’aider les pays à renforcer leurs propres capacités pour répondre mieux et plus vite aux épidémies à l’échelle nationale.

À propos d’IPSOS
Ipsos est la troisième plus grande société d’études de marché au monde, présente sur 90 marchés et employant plus de 18 000 personnes. Nos professionnels de la recherche, analystes et scientifiques curieux et passionnés ont développé des capacités multispécialistes uniques qui fournissent une véritable compréhension et des informations précieuses sur les actions, les opinions et les motivations des citoyens, des consommateurs, des patients, des clients ou des employés. Nos 75 solutions commerciales sont basées sur les données primaires provenant de nos enquêtes, la surveillance des médias sociaux et les techniques qualitatives ou d’observation. « Game Changers », notre slogan, résume l’ambition que nous avons d’aider nos 5 000 clients à naviguer en toute confiance dans notre monde en mutation rapide.

Fondée en France en 1975, Ipsos est cotée sur Euronext Paris depuis le 1er juillet 1999. La société fait partie des indices SBF 120 et Mid-60 et est éligible au Service de règlement différé (SRD). Code ISIN FR0000073298, Reuters ISOS.PA, Bloomberg IPS: FPhttps://www.ipsos.com/en/news-and-polls/overview

À propos de Novetta
Novetta fournit des solutions analytiques et techniques de pointe et évolutives pour relever des défis d’envergure nationale et mondiale. Fortement attachée à la réussite de ses missions, Novetta est une pionnière des technologies de rupture dans l’apprentissage automatique, l’analyse des données, les solutions cybernétiques à large spectre, l’analyse en open source, l’ingénierie du cloud, DevSecOps et l’analyse multi-INT pour les clients de la Défense, de la communauté du renseignement et des autorités fédérales de l’application de la loi. Novetta est basée à McLean, en Virginie, et emploie quelque 1 300 personnes aux États-Unis.

À propos du Forum Économique Mondial
Le Forum Économique Mondial est l’Organisation internationale pour la coopération entre les secteurs public et privé. En réponse à l’urgence induite par la COVID-19, le Forum Économique Mondial, en tant que partenaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé la plate-forme d’action COVID. Cette plate-forme vise à favoriser la contribution du secteur privé à la stratégie mondiale de santé publique relative au COVID-19, et à le faire à l’échelle et à la vitesse requises pour protéger des vies et des moyens de subsistance, afin de trouver des moyens d’aider à mettre fin à l’urgence mondiale le plus tôt possible. Plus d’informations : https://www.weforum.org/

Contacts médias

  • James Ayodele, Principal Communication Officer, Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC). Email: Ayodelej@africa-union.org; Tel: +251 11 551 7700
  • Collins Boakye-Agyemang, Communications Officer, WHO Regional Office for Africa. Email: boakyeagyemangc@who.int; Tel: +4724139420 or +242065206565
  • Christina Honeysett, Director of PR, Vital Strategies. Email: CHoneysett@vitalstrategies.org; Tel: +1 914 424 3356
  • Natalie Lacey, Chief Operating Officer, Global Affairs, Ipsos. Email: Natalie.Lacey@ipsos.com; Tel: +14165098460
  • Amanda Russo, Head of Media Content, World Economic Forum. Email: Amanda.Russo@weforum.org; Tel: +1 415 734 0589

The post Un nouveau rapport sur la COVID-19 en Afrique souligne le besoin d’améliorer l’accès aux services de soins de santé et la protection du personnel sanitaire appeared first on African Media Agency.

Source : African Media Agency (AMA)

African Media Agency (AMA)

Nigeria : Répression de manifestations contre les violences policières

Avatar

Publié

le

Il faut engager des poursuites contre les autorités policières responsables d’abus et effectuer des réformes structurelles

NEW YORK, USA, le 19 Octobre 2020,-/African Media Agency (AMA)/-Les forces de sécurité du Nigeria ont répondu à des manifestations contre les brutalités policières, qui étaient dans une très large mesure pacifiques, avec de nouvelles violences et de nouveaux abus,.

Des manifestations à travers le pays ont commencé le 8 octobre 2020, les participants appelant les autorités à dissoudre une unité de police connue pour de tels abus, la Brigade spéciale anti-vol (Special Anti-Robbery Squad, SARS). En guise de riposte, la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau, et a tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant au moins quatre personnes et en blessant de nombreuses autres. Des voyous armés ont également perturbé les manifestations et attaqué les participants.

« Des citoyens qui exercent leur droit de manifester et qui appellent à mettre fin aux brutalités policières sont eux-mêmes brutalisés et harcelés par des agents qui devraient au contraire les protéger », a déclaré Anietie Ewang, chercheuse sur le Nigeria auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Cela souligne l’importance des réclamations des manifestants et cela illustre la culture de l’impunité prévalant dans tout le système policier, qui a grand besoin d’être réformé.»

Les manifestations ont été déclenchées par une vidéo diffusée le 3 octobre sur Internet et montrant prétendument un agent de la SARS tirant sur un jeune homme, dans l’État du Delta. Cela a suscité une intense réprobation sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, où le hashtag #EndSARS (« Supprimer la SARS ») a commencé à faire tendance dans le monde entier, et a conduit à des manifestations dans tout le Nigeria et dans d’autres villes à travers le monde.

Répondant en partie aux exigences des manifestants, le gouvernement a annoncé le 11 octobre que cette unité de la SARS serait démantelée. Cependant, ses membres seront intégrés dans d’autres unités de police après avoir subi des « tests psychologiques», et la SARS elle-même sera remplacée par une Équipe spéciale d’armements et de tactique (Special Weapons and Tactical Team, SWAT), qui doit commencer à s’entraîner la semaine prochaine. Aucune mesure n’a été prise pour faire rendre des comptes aux agents de la SARS pour les abus commis dans le passé, ou pour enquêter sur les individus responsables des récentes brutalités à l’égard des manifestants et les poursuivre en justice.

La SARS a été formée en 1992 pour lutter contre les vols à main armée et d’autres crimes graves. Mais depuis sa création, cette unité est accusée d’être impliquée dans des violations systématiques des droits humains, parmi lesquelles des meurtres extrajudiciaires, des actes de torture, des arrestations arbitraires, des détentions illégales et des extorsions de fonds. De nombreux Nigérians estiment que cette unité a délibérément profilé et ciblé les jeunes, en particulier ceux qui arborent des tatouages, des dreadlocks et certains biens ostensibles comme les téléphones et les ordinateurs portables. Au cours des années, les autorités nigérianes ont à plusieurs reprises promis de réformer la SARS et d’assurer que des comptes soient rendus pour les abus commis par ses agents, mais avec peu de succès jusqu’ici.

Bien que les autorités aient désormais accepté d’abolir la SARS et de prendre des mesures pour mettre fin aux brutalités policières, les manifestations, sous l’impulsion de jeunes Nigérians, ont continué. Les manifestants réclament des réformes plus ambitieuses et des mesures concrètes pour régler le problème des brutalités policières, en particulier à la suite des attaques subies par les manifestants.

Le 10 octobre, un jeune homme, Jimoh Isiaka, a été tué, apparemment lorsque la police a ouvert le feu pour disperser des manifestants à Ogbomosho, dans l’État d’Oyo, selon les médias et Amnesty International. Au moins deux autres personnes – un homme et un adolescent – ont été tuées le lendemain lors de manifestations de protestation contre la mort d’Isiaka, selon une enquête publiée par le Premium Times et comportant une vidéo qui, selon ce journal, montre des agents de police traînant des corps jusque dans un véhicule blindé de transport de troupes, après la fusillade.

Le gouverneur de l’État d’Oyo a confirmé que trois personnes avaient été tuées et au moins six autres blessées lors des manifestations dans cet État. Dans une déclaration, la police a affirmé n’avoir utilisé que des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et a démenti les allégations de fusillade le 10 octobre.

À Abuja, la police a dispersé des manifestants le 11 octobre à l’aide de gaz lacrymogène et de canons à eau. Human Rights Watch s’est entretenu avec trois personnes qui ont participé ou qui se trouvaient à proximité de la manifestation, et qui ont été sévèrement passées à tabac par les policiers.

L’une d’elles, une femme de 30 ans, a affirmé qu’au moins quatre agents de police l’avaient frappée à coups de bâton et de matraque, peu après que la police eut tiré des cartouches de gaz lacrymogène et dirigé leurs canons à eau sur les manifestants.

« Quand nous avons vu que les agents qui se trouvaient devant nous sur la route avaient formé une ligne pour nous faire face, nous nous sommes arrêtés et nous sommes assis ou agenouillés sur le sol, pour leur montrer que nous n’étions pas agressifs », a-t-elle dit. « Mais immédiatement, des cartouches de gaz lacrymogène ont commencé à tomber partout, suivies par de très forts jets d’eau, pendant environ 10 à 15 minutes sans interruption. Je portais un masque mais avec l’eau qui me frappait le visage, j’avais du mal à respirer. Puis ils ont commencé à courir vers nous. Je ne suis pas enfuie parce que je n’aurais pas dû avoir à le faire; Je ne faisais rien de mal.»

Cette femme a ajouté qu’un agent de police a alors commencé à la frapper à coups de bâton et, quand elle a essayé de le repousser, deux autres les ont rejoints, avec un bâton et une matraque. Elle est restée étendue au sol pendant qu’ils continuaient à la frapper. Puis, un homme qui avait observé et filmé la scène de l’autre côté de la rue est arrivé au volant de sa voiture et lui a crié d’y monter. Alors qu’elle essayait de monter dans la voiture, un autre agent l’a frappée dans le dos avec un gros bâton. Elle a affirmé que son passage à tabac lui avait causé une fracture du crâne et que, depuis lors, elle a des vertiges. Elle a été hospitalisée.

Une autre femme, âgée de 28 ans, a affirmé qu’elle rentrait de son travail et se dirigeait vers son domicile, le 11 octobre non loin du Secrétariat fédéral à Abuja, quand elle a vu une foule qui courait dans sa direction. Elle s’est aussi mise à courir mais s’est vite arrêtée pour décider où aller.

« Dès que la police est arrivée et m’a vue, un agent m’a demandé ce que je faisais là, et quand j’ai répondu que je revenais de mon travail, il a demandé: ‘Quel travail?’», a-t-elle dit. « Je n’ai même pas pu lui expliquer ou lui montrer une pièce d’identité avant que d’autres n’arrivent et commencent à me frapper à coups de gourdin. Environ six agents m’ont entourée, me frappant tandis que j’étais étendue au sol. L’un d’eux m’a même menacée avec un couteau; Ils ont vidé le contenu de mon sac sur le sol et ont fracassé mon téléphone avant de me laisser partir.»

Le 12 octobre, des agents de police à Surulere, un quartier de Lagos, ont ouvert le feu pour disperser des manifestants, tuant un homme de 55 ans, Ikechukwu Ilohamauzo, ont affirmé les médias. Human Rights Watch a interrogé deux manifestants et un journaliste qui étaient sur place. L’un des manifestants a affirmé que la police était arrivée et avait ouvert le feu pour disperser les manifestants quand ceux-ci se trouvaient à proximité d’un commissariat, près de Western Avenue. Alors qu’il courait en compagnie d’autres manifestants, ils ont réalisé qu’un homme venait d’être atteint d’une balle et ils sont retournés vers lui. Les manifestants ont observé et filmé tandis qu’une équipe médicale essayait d’administrer des soins d’urgence à cet homme, mais en vain et l’homme est mort. Human Rights Watch a visionné la vidéo et l’a archivée.

Les médias ont affirmé qu’Ilohamauzo était un conducteur qui s’était trouvé pris dans les embouteillages à proximité des manifestations et qui était sorti de son véhicule pour uriner, quand il a été atteint d’une balle perdue.

La police de Surulere affirme qu’Ilohamauzo a été tué d’une balle perdue tirée par les manifestants qui, selon elle, ont également tué par balles un agent de police lors d’une attaque du commissariat. Elle a arrêté trois manifestants qu’elle accuse d’en être les responsables. Toutefois, des vidéos ont depuis lors fait leur apparition en ligne, qui prétendent montrer que cet agent de police était tombé au sol après une rafale de tirs de la part de ses collègues. Les trois manifestants ont ensuite été remis en liberté. Human Rights Watch n’a pas vu d’éléments de preuve indiquant que des manifestants étaient armés ou tiraient sur la foule.

La police a arrêté des dizaines de manifestants, a dénié à certains d’entre eux le droit de contacter leur avocat et ne les a remis en liberté qu’à la suite de l’intervention de responsables gouvernementaux de haut rang, dont les gouverneurs des États et le président du Sénat. Il y a également des informations selon lesquelles la police aurait endommagé et confisqué les caméras de manifestants et de journalistes. Des bandits pro-gouvernementaux présumés ont également blessé des manifestants et détruit des biens, selon les médias.

Le 15 octobre, l’armée nigériane a mis en garde « les éléments subversifs et les fauteurs de troubles » et offert de « soutenir l’autorité civile en quelque capacité que ce soit pour maintenir la loi et l’ordre.» L’armée nigériane a également été impliquée dans des violations des droits humains, notamment pour avoir recouru à la force létale contre des manifestants pacifiques.

Le droit de manifester pacifiquement est garanti par la constitution nigériane et par le droit humanitaire international. L’usage de la force sans nécessité pour disperser des manifestants est illégal. Au contraire, les manifestants devraient être protégés par les autorités.

Human Rights Watch a documenté des violations des droits humains par la police nigériane depuis des années. Dans un rapport de 2010, Human Rights Watch avait averti que le manquement prolongé des autorités à leur devoir de s’occuper des violations commises par la police ne ferait que renforcer l’impunité et mènerait à davantage d’abus systémiques.

« Les autorités nigérianes ne peuvent plus ignorer la nécessité d’engager des réformes sérieuses et d’introduire de la responsabilité dans le système policier », a conclu Anietie Ewang. « Elles devraient aller au-delà des discours et envoyer un signal clair selon lequel les choses sont en train de changer, en ouvrant des enquêtes sur les attaques ayant visé les manifestants et en prenant immédiatement des mesures pour faire rendre des comptes aux agents responsables.»

Distribué par African Media Agency (AMA) pour Human Rights Watch.

The post Nigeria : Répression de manifestations contre les violences policières appeared first on African Media Agency.

Source : African Media Agency (AMA)

Lire l'article

African Media Agency (AMA)

Nigeria: Crackdown on Police Brutality Protests

Avatar

Publié

le

Prosecute Officers Responsible; Move Toward Systemic Reform

NEW YORK, USA, October 19, 2020,-/African Media Agency (AMA)/-Nigerian security forces have responded to overwhelmingly peaceful protests against police brutality with more violence and abuse.

Nationwide protests began on October 8, 2020, calling on the authorities to abolish an abusive police unit called the Special Anti-Robbery Squad (SARS). In response, the police have shot tear gas, water cannons, and live rounds at protesters, killing at least four people and wounding many others. Armed thugs have also disrupted protests and attacked protesters.

“People exercising their right to protest and calling for an end to police brutality are themselves being brutalized and harassed by those who should protect them,” said Anietie Ewang, Nigeria researcher at Human Rights Watch. “This underscores the importance of the protesters’ demands and the culture of impunity across the policing system, which is in dire need of reform.”

The protests were sparked by a video that surfaced online on October 3, allegedly showing a SARS officer shooting a young man in Delta state. This generated an outcry on social media, especially Twitter, where the hashtag #EndSARS began trending globally, and led to protests across Nigeria and in other cities around the world.

Responding in part to the protesters’ demands, the government announced on October 11 that the SARS unit would be disbanded. Yet its members will be integrated into other police units following “psychological tests,” and SARS is to be replaced by a Special Weapons and Tactical Team that is to begin training next week. No steps have been taken to hold SARS officers to account for past abuses, or to investigate and prosecute those responsible for the recent crackdown on protesters.

SARS was formed in 1992 to combat armed robbery and other serious crimes. Yet since its inception, the unit has allegedly been implicated in widespread human rights abuses, including extrajudicial killings, torture, arbitrary arrests, unlawful detention, and extortion. Many Nigerians feel that the unit has deliberately profiled and targeted young people, especially those with tattoos, dreadlocks, and visible possessions such as phones and laptops. Over the years, Nigerian authorities have repeatedly promised to reform SARS and ensure accountability for abuses by its officers, but with few results.

Although the authorities have now agreed to abolish SARS and take measures to end police brutality, the protests led by young Nigerians have continued. Protesters are calling for more far-reaching reforms and critical action to address police brutality, especially in the wake of attacks against protesters.

On October 10, a young man, Jimoh Isiaka, was allegedly killed when police opened fire to disperse protesters in Ogbomosho, Oyo state, media reports and Amnesty International have said. At least two other people – a man and a teenage boy – were killed the following day in protests against Isiaka’s death, based on a Premium Times investigation that included a video purporting to show police officers dragging bodies into an armored personnel carrier after the shooting.

The Oyo state governor confirmed that three people were killed and at least six others injured during protests in the state. The police said in a statement that they only used tear gas to disperse the protesters and denied allegations of any shooting on October 10.

In Abuja, police dispersed protesters on October 11 with tear gas and water cannons. Human Rights Watch interviewed three people who participated in or were in the vicinity of the protests and were badly beaten by officers.

One, a 30-year-old woman, said that at least four police officers beat her with big sticks and batons soon after the police fired tear gas and water cannons on protesters.

“When we saw officers down the road from us had formed a line facing us, we stopped moving and we sat on the ground or knelt down to show them that we were not aggressive,” she said. “But before we knew it, tear gas started flying all over the place and a strong force of water followed for about 10 to 15 minutes nonstop. I had a mask on and with the water hitting my face, I found it very difficult to breathe. They soon started running in our direction. I didn’t run because I shouldn’t have to; I was not doing anything wrong.”

The woman said that one officer began beating her with a stick, and when she tried to ward him off, two others joined in, with a stick and baton. She lay flat on the ground as they continued beating her. Eventually someone who had been observing and filming on the other side of the road came by in his car and shouted at her to get in. As she tried to get in the car, another officer hit her back with a big stick. She said that the beating fractured her skull and she has had dizzy spells since. She has been hospitalized.

Another, a 28-year-old woman, said that she was on her way home from work on October 11 around the Federal Secretariat in Abuja when she saw a crowd of people running in her direction. She also started running but soon stopped to figure out where she was going.

“As soon as the police arrived there and saw me, one asked me what I was doing there, and when I replied that I was on my way back from work, he asked, ‘Which work?’” she said. “I didn’t even get a chance to explain or show identification before others came and started beating me with big sticks. About six officers gathered around me, beating me as I lay on the ground. One even threatened me with a knife; they emptied the contents of my bag all over the floor and smashed my phone before they let me go.”

On October 12, police officers in Surulere, Lagos, opened gunfire to disperse protesters, killing 55-year-old Ikechukwu Ilohamauzo, media reported. Human Rights Watch interviewed two protesters and one journalist at the scene. One protester said that the police arrived and opened fire to disperse the protesters when they were close to a police station around Western Avenue. As he and others were running, they realized that a man had been hit by a bullet and went back to where he was. The protesters watched and filmed as a medical team tried to give the man emergency care, but he died. Human Rights Watch reviewed the footage and has it on file.

Media reports said that Ilohamauzo was a driver stuck in traffic in the vicinity of the protests who came out of his vehicle to urinate when he was struck by a stray bullet.

Police in Surulere claim that Ilohamauzo was killed by a stray bullet from protesters who they say also shot and killed a police officer during an attack on the police station. They arrested three protesters whom they claim were responsible. Videos have since surfaced online, however, that purport to show that the officer fell to the ground after a burst of fire from his colleagues. The protesters were eventually released. Human Rights Watch has not seen any evidence indicating that protesters were armed or firing on the crowd.

The police arrested dozens of protesters, refused some of them access to their lawyers, and only released them following the intervention of senior government officials, including the state governors and the Senate President. There have been reports of police damaging and confiscating the cameras of protesters and journalists. Alleged pro-government thugs have also injured protesters and destroyed property, media reported.

On October 15, the Nigerian army warned “subversive elements and troublemakers” to desist and offered to “support the civil authority in whatever capacity to maintain law and order.” The Nigerian army has also been implicated in human rights abuses, including the use of lethal force against peaceful protesters.

The right to peaceful protest is guaranteed by the Nigerian constitution and international human rights law. Unnecessary use of force to disperse protesters is unlawful. Protesters should instead be protected by the authorities.

Human Rights Watch has documented human rights abuses by the Nigerian police force for years. In a 2010 report, Human Rights Watch cautioned that the long-term failure of the authorities to address abuses by the police would reinforce impunity and lead to more systemic abuses.

“Nigerian authorities can no longer evade the need for serious reform and accountability in the police system,” Ewang said. “They should go beyond words and send a signal that it is no longer business as usual by investigating the attacks on protesters and taking immediate steps to hold officers and others accountable.”

Distributed by African Media Agency (AMA) on behalf of Human Rights Watch.

The post Nigeria: Crackdown on Police Brutality Protests appeared first on African Media Agency.

Source : African Media Agency (AMA)

Lire l'article

African Media Agency (AMA)

UN chief urges inclusive, peaceful elections in Guinea

Avatar

Publié

le

On the eve of the presidential elections in Guinea, the UN Secretary-General has called on all national stakeholders to ensure that the polls are conducted in an inclusive and peaceful manner. 

NEW YORK, USA, October 19, 2020,-/African Media Agency (AMA)/-Secretary-General António Guterres urged all political leaders and their supporters to refrain from acts of incitement, inflammatory language, ethnic profiling and violence, his spokesperson said in a statement on Saturday. 

“The Secretary-General urges political leaders and their parties to resolve any disputes that may arise through legal means,” the statement continued. 

“He reiterates the commitment of the United Nations to support the country’s efforts to promote national cohesion,” it added. 

The UN chief also called on the defence and security forces to act responsibly and with utmost restraint. 

The polls are taking place on Sunday, 18 October.  

Distributed by African Media Agency (AMA) on behalf of UN News.

The post UN chief urges inclusive, peaceful elections in Guinea appeared first on African Media Agency.

Source : African Media Agency (AMA)

Lire l'article

Les dernières tendances

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?